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Chers commissaires, et si au lieu de diffuser vous commenciez à discuter ?
9/02/2010

Dans la nouvelle Commission européenne, il y a deux nominations qui me laissent assez sceptique : celle de Neelie Kroes à l’agenda digital et celle de Viviane Reding à la justice, les droits fondamentaux et la citoyenneté.

D’abord, la personne qui sera en charge de l’agenda digital, comme il est convenu de l’appeler, est une femme de 69 ans, l’ancienne commissaire à la concurrence, Neelie Kroes. Je me demande vraiment : est-ce qu’une personne qui devrait en réalité être à la retraite peut conduire l’Europe dans le futur ? Peut-elle comprendre ce que la révolution digitale implique réellement ? J’en doute. La porte-parole du parti socialiste espagnol pour l’économie digitale est une femme de 30 ans. Je pense que c’est ainsi que ça doit être car on ne peut pas appliquer de vieilles recettes à de nouveaux phénomènes.

Ensuite, le portefeuille de la communication, qui était jusqu’à présent détenu par l’excellente Margot Wallström, a tout simplement disparu. Apparemment, la compétence de la communication se retrouvera dans le portefeuille de Vivianne Reding. J’ai suivi son audition. Bien que ce ne soit pas humainement possible de suivre trois heures non-stop d’audition d’un commissaire, et que par conséquent certaines choses ont pu m’échapper, je suis à peu près certaine qu’il n’y a eu quasiment aucune question sur la communication. À un moment donné, comme le rapporte ce blog, Vivianne Reding a dit qu’en tant qu’ancienne journaliste, son approche serait de trouver des histoires intéressantes à raconter sur l’UE. À l’évidence, elle pense encore qu’afin de rapprocher l’Union européenne du citoyen, il faut mieux la communiquer. A l’instar de nombreux communicants de l’UE, elle se plante le doigt dans l’œil jusqu’à l’os. L’Union européenne a besoin de communiquer AVEC les citoyens et non AUX citoyens. Alors, de grâce, je vous le demande, arrêtez de diffuser et commencez à discuter !

L’incompréhension de base des leaders de l’UE sur la façon de bien communiquer se reflète bien évidemment dans leur usage des réseaux sociaux. J’ai fait un peu de recherche. Sur Facebook, José Manuel Barroso a 337 fans, Catherine Ashton 204, Neelie Kroes 717, et Viviane Reding… et bien, elle n’a tout simplement pas de profil. Pour vous donner un point de comparaison, moi, Mademoiselle Tout-le-Monde, j’ai 565 amis sur Facebook et 155 fans sur la page Eurosocialiste. Sans aucun doute, les grands dirigeants de l’Union européenne peuvent mieux faire ! Leur présence sur Twitter est encore plus pathétique. Ils n’y sont tout bonnement pas, du moins officiellement, puisque le vide créé par leur absence a été rempli soit par de faux profils tels @JMDBarroso et @hermanvanrompuy, soit par du cybersquattage@CatherineAshton, @VivianeReding, @neeliekroes.

Chers commissaires, franchement, c’est pas sérieux. En réalité, communiquer avec les citoyens, c’est très facile : il suffit d’aller où ils se trouvent. Vous feriez bien de vous inspirer du président du Parlement européen, Jerzy Buzek, qui a une approche assez remarquable : 2.462 fans sur Facebook, un profil Twitter officiel qui compte déjà 1.006 personnes qui le suivent, bien qu’il n’ait été ouvert que quelques semaines auparavant, et une page Web qui présente des liens vers ses profils sur les réseaux sociaux. Le mois dernier, les éditeurs Internet et les webmestres de la Commission européenne ont lancé un appel à leurs employeurs pour qu’ils commencent à utiliser le pouvoir d’Internet pour mieux communiquer. Cette lettre montre que la Commission a du personnel compétent en la matière. La question est donc : combien de temps encore les leaders de l’UE continueront-ils d’ignorer la révolution que la communication connaît à l’époque actuelle ?

NB : grâce au bon travail du personnel de la Commission, une liste des comptes Twitter et Facebook des institutions européennes est disponible ici.

Il nous a fallu une semaine pour obtenir une Commission européenne paritaire
29/11/2009

Lorsque nous avons lancé la campagne en ligne pour une Commission européenne paritaire, il n’y avait encore que quatre femmes nommées à la Commission européenne. Une semaine plus tard seulement, nous en avons obtenu cinq de plus. Est-ce que notre (courte) campagne y a été pour quelque chose ? Je l’espère bien. Une chose est certaine, cette campagne a été portée par un enthousiasme extraordinaire. Aucun d’entre nous n’a été rémunéré pour ce travail, qui a été effectué pendant notre temps libre. Nous avons tout simplement essayé de tirer le meilleur parti de nos compétences et de nos réseaux. Et ça a marché.

GBC1En l’espace d’une semaine, 800 personnes ont signé la pétition pour que la Commission européenne comporte au moins un tiers de femmes. 2.000 personnes sont devenues fans de notre page Facebook. Nous avons obtenu des articles de presse dans European VoiceEl Mundothe Guardian et New Europe. De nombreux blogueurs et utilisateurs de Twitter, ainsi que le Lobby européen des femmes et New Europe, ont accepté de soutenir publiquement notre campagne. Bien que la présidente de PSE Femmes, Zita Gurmai, nous ait mentionnés sur son blog, aucun politicien n’a officiellement accepté d’apparaître en tant que supporter de notre campagne. Je me demande pourquoi.  Est-ce qu’ils ne se sentaient pas à l’aise à l’idée de se soutenir une campagne qui promouvait des candidates de différents partis politiques ? Ou est-ce que tout simplement ils attendaient que notre campagne prenne suffisamment d’importance pour qu’ils ne puissent plus l’ignorer ?

Quoi qu’il en soit, j’ai été heureuse de prendre part à cette mini-campagne, qui a démontré le pouvoir des médias sociaux. J’ai hâte de prendre part à la prochaine ! A votre avis, elle devrait porter sur quoi ?

Commission européenne au féminin. Vous en rêviez, nous l’avons fait !
16/11/2009

Faisons un rêve fou. Le rêve d’une Commission européenne composée entièrement de femmes. En réalité, c’est tout à fait faisable. Tellement faisable que quatre citoyens lambdas ont réussi à établir une liste d’au moins une femme par pays européen en seulement 36 heures. Puisque les gouvernements européens, dans leur très grande majorité, semblent ne pas prendre la peine de trouver des candidates, nous, la société civile, nous avons décidé de nous en charger.

commissioner-squaresLes États-membres de la l’Union européenne sont actuellement dans le processus de nomination de leur candidat pour la Commission européenne. Chaque État nomme une seule personne. Donc, évidemment, qu’est-ce qu’il se passe ? La plupart des candidats nommés jusqu’à présent sont des bonshommes. Ce qui est très inquiétant, c’est qu’il semble que l’équipe de la Commission européenne 2009-2014 comportera encore moins de femmes que l’équipe précédente, qui n’en comportait pourtant que 8 sur 27. C’est inacceptable.

Ces derniers mois, j’ai promu à travers mon blog, Facebook et Twitter, l’idée d’une nécessaire parité aux postes dirigeants de l’UE. Ce faisant, j’ai été régulièrement confrontée à la question de savoir s’il existe des femmes suffisamment compétentes pour assumer de telles responsabilités. Bien sûr, qu’elles existent. Elles sont mêmes nombreuses. Mais on n’en parle jamais. Étrangement, ce sont toujours des noms d’hommes qui sont discutés.

Maintenant, il n’y a plus d’excuse qui tienne. Nous avons trouvé 26 noms de femmes qui ont toutes les compétences nécessaires pour devenir commissaires européennes. Faisons de ce rêve une réalité. Cette fois-ci, nommons une Commission européenne réellement paritaire. Aimeriez-vous, vous aussi, que ce rêve devienne réalité ? Alors, suivez les étapes suivantes :

  1. Signez la pétition pour une Commission européenne paritaire
  2. Politicien, blogueur ou Twitteux ? Apparaissez en tant que supporter de l’initiative sur notre site web en nous envoyant un email
  3. Devenez fan de notre page sur Facebook
  4. Suivez-nous sur Twitter
  5. Vous êtes encore plus motivés que ça? Alors découvrez ici toutes les manières de participer activement à la campagne.
Ré-enchantement socialiste à l’université d’été de La Rochelle
2/09/2009

Sur le chemin du retour de Barcelone, je me suis arrêtée dans la jolie ville côtière de La Rochelle où se tenait l’université d’été du Parti socialiste. Beau temps et bonne humeur, l’ambiance était optimiste. Les journalistes l’ont senti eux aussi puisque pour la première fois depuis bien longtemps, ils ont écrit des articles sur le PS à tonalité positive. A quoi est dû ce revirement soudain ? Ont-ils senti l’enthousiasme des militants ? Ont-ils été séduits par les réformes annoncées par Martine Aubry ? Ont-ils simplement enfin pris conscience de la trop forte négativité dans leur manière d’aborder le PS ces dernières années ? Car non, il n’y a pas au PS que des batailles internes. Non, le PS n’est pas mort. Le PS est un parti de militants. Un parti bel et bien vivant, fort de la motivation et du dévouement de ses milliers de militants qui donnent sans relâche et bénévolement de leur temps car ils refusent la fatalité et font un jour le choix de prendre leur destin en main. Je suis régulièrement interloquée lorsque je constate la différence entre la vie du parti telle que je la vois en interne, et la manière dont il est présenté dans les média. Je me sens trahie, usurpée. Je suis heureuse qu’il y ait enfin des signes de changement.

Ce weekend à La Rochelle, l’enthousiasme des militants m’a réchauffé le cœur. Parmi les réformes annoncées par Martine Aubry dans son discours d’ouverture, deux en particulier ont provoqué des applaudissements à tout rompre, des bravos et des houras : la fin du cumul des mandats et l’organisation de primaires à l’américaine pour désigner le candidat de la gauche à l’élection présidentielle de 2012. A ces deux réformes radicales, s’est ajoutée l’annonce de la mise en ligne à l’automne d’un nouveau réseau social pour les militants et sympathisants du PS. Ce Facebook socialiste, s’appellera la Coopol, abréviation de Coopérative politique. Ces trois propositions-phares m’enchantent car elles vont toutes dans la direction d’une plus grande ouverture du Parti socialiste.

Ouverture à la diversité de la société grâce au non-cumul des mandats. Le Parti socialiste a besoin pour se renouveler de promouvoir des femmes, des jeunes, des personnes d’origine étrangère, des personnes de tous milieux et tous parcours. Pas seulement par obligation de mieux refléter la diversité de la société française, mais aussi parce que de la diversité naît la créativité.

Ouverture à nos partis frères à gauche et à la participation de nos sympathisants à la vie du parti grâce aux primaires présidentielles. Je suis convaincue qu’il est nécessaire que la gauche se rassemble. Nous sommes portés par les mêmes valeurs. Ce qui nous différencie est notre vision de la méthode à suivre pour atteindre notre idéal commun. La primaire donnera également l’opportunité aux sympathisants de gauche de devenir acteur de notre campagne, et suscitera à coup sûr des vocations.

Ouverture à de nouveaux modes de militantisme grâce à la Coopol. Cet outil permettra aux militants partageant des intérêts communs de se retrouver et d’agir ensemble malgré la distance géographique. L’ouverture de l’outil aux sympathisants permettra également de montrer que notre parti est un lieu de débats et un laboratoire d’innovation politique.

L’ouverture est un concept de gauche, tout comme la démocratie participative et la transparence. Il était temps que nous le réaffirmions.

2009 : l’odyssée du PSE
1/06/2009

Puisqu’il existe un tel décalage entre la campagne telle que je la vis de l’intérieur et telle qu’elle est présentée par les médias, comme je l’ai décrit ici et , je vais essayer de rétablir l’équilibre, ne serait-ce qu’un peu, en vous contant la campagne à travers les yeux d’une militante eurosocialiste.

Le Parti socialiste européen prépare ces élections depuis maintenant presque deux ans. Deux ans de consultation, de débat et d’action. Deux ans à essayer d’obtenir l’attention des 27 presses nationales, en vain. Deux ans de dur labeur pour constater au final que les médias nationaux ne commencent réellement à parler des élections européennes que deux semaines avant le scrutin. De quoi mettre en colère de nombreux militants du PSE (voir notamment le blog de chourka et ses coups de gueule réguliers à ce sujet).

Le manifeste du PSE pour les élections européennes est le fruit d’une démarche inédite en Europe. Ce texte est le résultat d’une démarche démocratique, élaboré du bas vers le haut, et non du haut vers le bas comme cela se fait encore dans les autres partis européens.

Pendant près d’un an, d’octobre 2007 à juillet 2008, le PSE a mené une consultation ouverte et transparente des militants, des associations et des syndicats sur quatre thèmes centraux qui devaient former les axes de campagne du PSE pour les élections européennes de 2009. Les militants, réunis en groupes locaux, ont débattu pendant des mois afin de rédiger des contributions au futur manifeste du PSE. Le site Your Space a aussi innové en la matière. Les internautes – militant du PSE ou pas – y étaient invités à déposer des articles ou des commentaires sur les thèmes de la consultation. A tout cela, j’ai participé. Le résultat ? Pour la première fois, un texte commun à tous les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes d’Europe, un manifeste du Parti socialiste européen qui expose nos valeurs, détaille les six axes principaux de nos actions futures, et élabore 71 propositions concrètes pour donner une nouvelle direction à l’Europe.

Un manifeste ambitieux, une démarche inédite, transnationale et démocratique. Bref, du jamais-vu.

En décembre 2008, ce manifeste a été adopté au conseil du PSE à Madrid à l’unanimité des partis membres (voir vidéo). J’y étais aussi. Et ce moment-là m’a donné des frissons d’émotion. Avec les centaines de militants du PSE qui étaient présents, j’ai partagé le sentiment que l’adoption de ce manifeste était le symbole émouvant de ce que nous étions en train de construire : une force politique paneuropéenne, qui forte de ses militants et au-delà des différences linguistiques et culturelles, réussit à élaborer et à porter un projet commun. Ensemble, unis. Émouvant.

Quelle n’a pas été ma déception quand, de retour chez moi, j’ai consulté la couverture médiatique de l’évènement par les grands journaux français. Ce qui était un évènement majeur, une tentative inédite de politiser les décisions prises en Europe, n’était présenté qu’à travers la participation de la toute nouvelle première secrétaire du PS français, Martine Aubry. Effectivement, Martine a reçu des applaudissements chaleureux mais elle n’était qu’une des chefs de parti parmi les 27 présents. Dans tous les cas, l’important n’était pas sa participation et l’accueil qui lui a été fait. L’important c’était l’adoption d’un manifeste commun à tous les partis de centre-gauche d’Europe, et la manière dont nous y étions parvenus. Mais ça non, au regard des médias nationaux, c’était anecdotique.

Autre chose suffisamment innovante pour être remarquée, le PS français a épousé la campagne du PSE : son manifeste, ses slogans, son identité visuelle, ses logos. Le PS a choisi de lancer sa campagne en même temps que le PSE en avril à Toulouse. A cette occasion toutes les têtes de liste PSE des 27 Etats membres de l’UE s’étaient retrouvées lors d’un évènement bilingue français-anglais. L’enthousiasme de la foule, et la multitude de nationalités qui y étaient représentées par la variété des drapeaux qu’elle agitait, faisait plaisir à voir. Cet évènement, on en a un peu entendu parler. Je dis « un peu » car, une fois de plus, les faits ont été traités sous l’angle national : il s’agissait du lancement de la campagne du PS, avant d’être celle du PSE. En réalité, c’était l’inverse.

Mois de mai, dernière ligne droite. Chaque samedi s’est tenue une journée d’action commune où partout en Europe les militants des partis membres du PSE ont organisé des évènements le même jour, sur un même thème : le 9 l’Europe sociale, le 16 le changement climatique, le 23 la relance de l’économie, le 30 notre manifeste. En lisant les commentaires twitter rédigés en direct par nos militants sur les évènements auxquels ils prenaient part, en regardant les photos de ces actions sur flickr et le sentiment d’unité qu’elles évoquent, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a quelque chose de réellement innovant et unique dans la campagne 2009 du PSE. Un manifeste commun à 27 pays élaboré de manière démocratique, la mobilisation enthousiaste des militants partout en Europe, l’utilisation des derniers outils internet comme moyen de dépasser la distance sont autant de caractéristiques qui auraient dû retenir l’attention des médias et autres commentateurs.

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