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Ré-enchantement socialiste à l’université d’été de La Rochelle
2/09/2009

Sur le chemin du retour de Barcelone, je me suis arrêtée dans la jolie ville côtière de La Rochelle où se tenait l’université d’été du Parti socialiste. Beau temps et bonne humeur, l’ambiance était optimiste. Les journalistes l’ont senti eux aussi puisque pour la première fois depuis bien longtemps, ils ont écrit des articles sur le PS à tonalité positive. A quoi est dû ce revirement soudain ? Ont-ils senti l’enthousiasme des militants ? Ont-ils été séduits par les réformes annoncées par Martine Aubry ? Ont-ils simplement enfin pris conscience de la trop forte négativité dans leur manière d’aborder le PS ces dernières années ? Car non, il n’y a pas au PS que des batailles internes. Non, le PS n’est pas mort. Le PS est un parti de militants. Un parti bel et bien vivant, fort de la motivation et du dévouement de ses milliers de militants qui donnent sans relâche et bénévolement de leur temps car ils refusent la fatalité et font un jour le choix de prendre leur destin en main. Je suis régulièrement interloquée lorsque je constate la différence entre la vie du parti telle que je la vois en interne, et la manière dont il est présenté dans les média. Je me sens trahie, usurpée. Je suis heureuse qu’il y ait enfin des signes de changement.

Ce weekend à La Rochelle, l’enthousiasme des militants m’a réchauffé le cœur. Parmi les réformes annoncées par Martine Aubry dans son discours d’ouverture, deux en particulier ont provoqué des applaudissements à tout rompre, des bravos et des houras : la fin du cumul des mandats et l’organisation de primaires à l’américaine pour désigner le candidat de la gauche à l’élection présidentielle de 2012. A ces deux réformes radicales, s’est ajoutée l’annonce de la mise en ligne à l’automne d’un nouveau réseau social pour les militants et sympathisants du PS. Ce Facebook socialiste, s’appellera la Coopol, abréviation de Coopérative politique. Ces trois propositions-phares m’enchantent car elles vont toutes dans la direction d’une plus grande ouverture du Parti socialiste.

Ouverture à la diversité de la société grâce au non-cumul des mandats. Le Parti socialiste a besoin pour se renouveler de promouvoir des femmes, des jeunes, des personnes d’origine étrangère, des personnes de tous milieux et tous parcours. Pas seulement par obligation de mieux refléter la diversité de la société française, mais aussi parce que de la diversité naît la créativité.

Ouverture à nos partis frères à gauche et à la participation de nos sympathisants à la vie du parti grâce aux primaires présidentielles. Je suis convaincue qu’il est nécessaire que la gauche se rassemble. Nous sommes portés par les mêmes valeurs. Ce qui nous différencie est notre vision de la méthode à suivre pour atteindre notre idéal commun. La primaire donnera également l’opportunité aux sympathisants de gauche de devenir acteur de notre campagne, et suscitera à coup sûr des vocations.

Ouverture à de nouveaux modes de militantisme grâce à la Coopol. Cet outil permettra aux militants partageant des intérêts communs de se retrouver et d’agir ensemble malgré la distance géographique. L’ouverture de l’outil aux sympathisants permettra également de montrer que notre parti est un lieu de débats et un laboratoire d’innovation politique.

L’ouverture est un concept de gauche, tout comme la démocratie participative et la transparence. Il était temps que nous le réaffirmions.

Génération 2.0: plus qu’une révolution technologique, une révolution culturelle
1/07/2009

Ça y est, j’ai sauté le pas : il y a une semaine de cela, j’ai rejoint la communauté Twitter. Jusque-là j’avais été sceptique par rapport à l’intérêt de cet outil mais les articles écrits par Jon Worth et Julien Frisch sur l’usage de Twitter en politique m’ont ouvert les yeux et convaincue de rejoindre l’aventure Twitter. Quelques jours plus tard, l’article de Bente Kalsnes sur les « political geeks » me confortait dans l’idée que Twitter est un phénomène qui vaut la peine qu’on s’y intéresse. Maintenant, je suis accro. L’autre jour, je jonglais comme à mon habitude entre diverses fenêtres ouvertes sur Gmail, Facebook, Twitter et mon lecteur de flux RSS, entre autres, quand soudainement j’ai eu un flash-back : il y a dix ans, rien de tout ça ne faisait partie de ma vie, ni de celle de personne d’autre en l’occurrence.

Lorsque j’étais adolescente, dans les années 90, c’est-à-dire il y a juste un peu plus de dix ans, nous n’avions ni téléphones portables, ni ordinateurs. En France, on utilisait encore le Minitel, c’est tout dire. Les téléphones portables n’ont commencé à se répandre que lorsque je suis arrivée à l’université. Nous professeurs osaient encore à peine nous demander de « taper » nos devoirs au lieu de les écrire de manière manuscrite. Rares étaient ceux d’entre nous qui possédaient un ordinateur personnel. Dix ans plus tard, en masse, les jeunes gens de ma génération écrivent des « e-mails », « surfent » sur le « web », envoient des « SMS » depuis leur « GSM », compte des centaines « d’amis » sur « Facebook », « postent » leurs idées sur des « blogs » et participent à des débats enflammés sur « Twitter » avec des inconnus. Tout cela est arrivé en dix ans, et cela a profondément changé notre relation au monde, et en particulier à la sphère politique.

Nous sommes témoins du commencement d’une nouvelle ère. L’Histoire de l’espace public se rappellera probablement de la révolution digitale comme un évènement aussi important que l’invention de l’imprimerie par Gutenberg au XVème siècle. Tout le monde a accès à tout type d’information à travers une simple connexion Internet. L’information est devenue un bien commun. Ce n’est plus une source de pouvoir réservée à certains privilégiés. Ceci est en train de changer profondément l’équilibre politique. Qui que ce soit peut désormais influencer le débat public relativement facilement, pour peu qu’il ait de l’esprit, une bonne plume et qu’il comprenne comment utiliser de manière stratégique les outils Internet que sont les blogs, Facebook et Twitter.

L’information ne suit plus une pente horizontale, du journaliste au public. L’information provient désormais de toute part et elle est produite par tous. Par conséquent, la sphère publique devient de plus en plus horizontale. Ce rééquilibrage est en train d’avoir un impact énorme sur nos démocraties. Pendant des dizaines d’années –siècles ?- les débats politiques ont été menés par les journalistes, les intellectuels et les partis politiques. A présent, n’importe qui peut exprimer son opinion sur Internet et attirer beaucoup d’attention. L’information n’est plus un monopole. Nous sommes juste au début d’une nouvelle ère. Les informaticiens l’appellent la société digitale. La Commission européenne l’appelle la société de l’information. Je l’appellerais plutôt la société ouverte.

Cette évolution de la société représente un grand défi pour les partis politiques traditionnels. Ces organisations ont des structures lourdes. A mesure qu’elles ont grandi, les décisions internes se sont prises de plus en plus du haut vers le bas. Ceci ne fonctionne guère plus car grâce à la révolution digitale, l’information n’est plus le monopole de quelques uns. Cependant, les partis politiques traditionnels sont si figés dans le temps en ce qui concerne leur manière d’opérer, qu’ils ont des difficultés à intégrer la révolution Internet. Bien sûr, ils essaient de se mettre aux dernières technologies, ils se font concevoir des sites web « tendance » avec toutes les applications sympa qui vont avec. Mais ils n’ont pas réussi à comprendre le réel intérêt de ces nouvelles fonctionnalités, et les enjeux qu’elles soulèvent. Ils n’ont pas compris. Ils n’ont pas compris que ce qui est le plus important, ce n’est pas d’intégrer ces nouvelles technologies, mais de comprendre combien ces technologies ont façonné une nouvelle culture, une culture ouverte, basée sur la libre disposition de l’information et sur la possibilité de participer à sa production.

Cet article n’est que le début d’une série. Il me semble que le thème de la société ouverte est essentiel pour comprendre les transformations en cours du paysage politique tel que nous l’avons connu jusque-là. Le succès des Verts en France et du Parti des pirates en Suède, ainsi que les débats autour du libre partage des données numériques, sont autant d’indicateurs de cette évolution vers un nouveau type de société qui entraîne la nécessité d’inventer une nouvelle manière de faire de la politique.

Photo 1: le Minitel, technologie française de pointe. Crédits: Wikipedia Common

Photo 2: join the social media wagon. Crédits: Matt Hamm sur Flickr

Une analyse pertinente, exhaustive et synthétique des élections européennes
27/06/2009


J’ai découvert sur le site du think-tank FEPS une analyse des élections européennes qui me semble fort pertinente et relativement exhaustive, tout en étant assez synthétique ce qui est toujours appréciable. Pour ceux qui peuvent lire l’anglais, vous trouverez l’analyse de la FEPS en cliquant ici.

Le PPE fait du chantage au PSE mais apparemment ça n’intéresse pas les journalistes
26/06/2009

A une conférence de presse mercredi, le leader du groupe PPE au Parlement européen, Joseph Daul, a dit que son groupe était ouvert à tout type d’alliance en ce qui concerne la présidence partagée du Parlement européen. Daul a ajouté que –bien sûr- cet accord ne se ferait qu’avec les personnes qui soutiendront la réélection de Barroso à la tête de la Commission lors de la première session plénière du Parlement le 15 juillet. Mais quel est le rapport exactement? A la différence de Daul, à moi ça ne me semble pas du tout évident. Pourtant, les journalistes dans la salle n’ont pas posé cette question. C’est une habile manoeuvre tactique de la part du PPE. Soit les Socialistes acceptent les termes de l’accord au risque de perdre en clarté politique et de fomenter des divisions au sein de leur groupe, soit ils refusent et se retrouvent donc à l’écart de l’influence que donne la présidence du Parlement. Très habile. Bien que cette déclaration soit une véritable bombe politique, les principaux medias européens ne l’ont pas rapportée. Seul Europolitique a écrit un article dessus, et encore, il est payant. Je n’ai rien vu à ce sujet sur Twitter non plus. Vraiment bizarre. Daul a ajouté que les négociations entre les groupes politiques sur l’accord technique auraient lieu à partir de la semaine prochaine. Voyons voir ce qu’il se passera donc.

Mise à jour le 27 juin:

Eurojunkie m’informe qu’il y a trouvé deux articles qui relatent vaguement les déclarations de Joseph Daul : un sur France2.fr, l’autre sur 7sur7.be.

Puis sur Twitter, le journaliste LB2S nous demande de ne pas mettre tous les journalistes dans le même paquet car tous ne se désintéressent pas du sujet. Soit. Eurojunkie et moi lui lançons alors un challenge : “Chiche que tu trouves des articles sur Daul dans la presse française ?”

Résultat : un article sur le site de France 2 plus deux autres dans la presse quotidienne régionale (site de France 3 plus Dernières nouvelles d’Alsace, Daul étant alsacien ça se comprend). Franchement léger sachant que l’homme est président du groupe PPE au parlement européen depuis deux ans et demi et qu’il vient de se faire réélire.

Par contre, j’ai été contente de voir que l’euroblogosphère s’est emparée du sujet. Comme quoi, il y avait bien un public pour cette information ! Voir les articles (en anglais, désolée) de Jon Worth : Schizophrenic socialists and poker playing conservatives” et de The European Citizen “PASD Strategy: Opposition or Office?” Les deux blogueurs vont dans le même sens. Mieux vaut que le groupe APSD refuse les termes du PPE, quitte à se positionner clairement comme le groupe de l’opposition.

Mise à jour le 28 juin:

Quatremer vient d’écrire un article à ce sujet: Barroso II : le double jeu socialiste. Apparemment Martin Schulz, le leader des socialistes au Parlement européen, serait prêt à accepter le deal proposé par le PPE. C’est bien regrettable.

2009 : l’odyssée du PSE
1/06/2009

Puisqu’il existe un tel décalage entre la campagne telle que je la vis de l’intérieur et telle qu’elle est présentée par les médias, comme je l’ai décrit ici et , je vais essayer de rétablir l’équilibre, ne serait-ce qu’un peu, en vous contant la campagne à travers les yeux d’une militante eurosocialiste.

Le Parti socialiste européen prépare ces élections depuis maintenant presque deux ans. Deux ans de consultation, de débat et d’action. Deux ans à essayer d’obtenir l’attention des 27 presses nationales, en vain. Deux ans de dur labeur pour constater au final que les médias nationaux ne commencent réellement à parler des élections européennes que deux semaines avant le scrutin. De quoi mettre en colère de nombreux militants du PSE (voir notamment le blog de chourka et ses coups de gueule réguliers à ce sujet).

Le manifeste du PSE pour les élections européennes est le fruit d’une démarche inédite en Europe. Ce texte est le résultat d’une démarche démocratique, élaboré du bas vers le haut, et non du haut vers le bas comme cela se fait encore dans les autres partis européens.

Pendant près d’un an, d’octobre 2007 à juillet 2008, le PSE a mené une consultation ouverte et transparente des militants, des associations et des syndicats sur quatre thèmes centraux qui devaient former les axes de campagne du PSE pour les élections européennes de 2009. Les militants, réunis en groupes locaux, ont débattu pendant des mois afin de rédiger des contributions au futur manifeste du PSE. Le site Your Space a aussi innové en la matière. Les internautes – militant du PSE ou pas – y étaient invités à déposer des articles ou des commentaires sur les thèmes de la consultation. A tout cela, j’ai participé. Le résultat ? Pour la première fois, un texte commun à tous les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes d’Europe, un manifeste du Parti socialiste européen qui expose nos valeurs, détaille les six axes principaux de nos actions futures, et élabore 71 propositions concrètes pour donner une nouvelle direction à l’Europe.

Un manifeste ambitieux, une démarche inédite, transnationale et démocratique. Bref, du jamais-vu.

En décembre 2008, ce manifeste a été adopté au conseil du PSE à Madrid à l’unanimité des partis membres (voir vidéo). J’y étais aussi. Et ce moment-là m’a donné des frissons d’émotion. Avec les centaines de militants du PSE qui étaient présents, j’ai partagé le sentiment que l’adoption de ce manifeste était le symbole émouvant de ce que nous étions en train de construire : une force politique paneuropéenne, qui forte de ses militants et au-delà des différences linguistiques et culturelles, réussit à élaborer et à porter un projet commun. Ensemble, unis. Émouvant.

Quelle n’a pas été ma déception quand, de retour chez moi, j’ai consulté la couverture médiatique de l’évènement par les grands journaux français. Ce qui était un évènement majeur, une tentative inédite de politiser les décisions prises en Europe, n’était présenté qu’à travers la participation de la toute nouvelle première secrétaire du PS français, Martine Aubry. Effectivement, Martine a reçu des applaudissements chaleureux mais elle n’était qu’une des chefs de parti parmi les 27 présents. Dans tous les cas, l’important n’était pas sa participation et l’accueil qui lui a été fait. L’important c’était l’adoption d’un manifeste commun à tous les partis de centre-gauche d’Europe, et la manière dont nous y étions parvenus. Mais ça non, au regard des médias nationaux, c’était anecdotique.

Autre chose suffisamment innovante pour être remarquée, le PS français a épousé la campagne du PSE : son manifeste, ses slogans, son identité visuelle, ses logos. Le PS a choisi de lancer sa campagne en même temps que le PSE en avril à Toulouse. A cette occasion toutes les têtes de liste PSE des 27 Etats membres de l’UE s’étaient retrouvées lors d’un évènement bilingue français-anglais. L’enthousiasme de la foule, et la multitude de nationalités qui y étaient représentées par la variété des drapeaux qu’elle agitait, faisait plaisir à voir. Cet évènement, on en a un peu entendu parler. Je dis « un peu » car, une fois de plus, les faits ont été traités sous l’angle national : il s’agissait du lancement de la campagne du PS, avant d’être celle du PSE. En réalité, c’était l’inverse.

Mois de mai, dernière ligne droite. Chaque samedi s’est tenue une journée d’action commune où partout en Europe les militants des partis membres du PSE ont organisé des évènements le même jour, sur un même thème : le 9 l’Europe sociale, le 16 le changement climatique, le 23 la relance de l’économie, le 30 notre manifeste. En lisant les commentaires twitter rédigés en direct par nos militants sur les évènements auxquels ils prenaient part, en regardant les photos de ces actions sur flickr et le sentiment d’unité qu’elles évoquent, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a quelque chose de réellement innovant et unique dans la campagne 2009 du PSE. Un manifeste commun à 27 pays élaboré de manière démocratique, la mobilisation enthousiaste des militants partout en Europe, l’utilisation des derniers outils internet comme moyen de dépasser la distance sont autant de caractéristiques qui auraient dû retenir l’attention des médias et autres commentateurs.

Au royaume des aveugles…
26/05/2009

Hier soir, Mots croisés sur France 2, débat sur les européennes. Comme d’usage, l’émission est divisée en deux parties, chacune consacrée à un sujet. Bien sûr, le débat sur les européennes est en deuxième position et commence à 23h, heure à laquelle les Français vont en général se coucher. Déjà, il faut être motivé. C’est avec plaisir que je vois que Jean Quatremer, le correspondant de Libération à Bruxelles, est invité. Il ne manque pas de faire remarquer au présentateur Yves Calvi qu’il y a un réel déficit sur l’information européenne dans les médias français, et que le fait que ce débat ait lieu à 23h en est d’ailleurs une bonne illustration. Que n’avait-il pas osé dire là? Ne le laissant pas finir son argumentaire, Yves Calvi – rouge de colère – lui a coupé la parole pour lui dire qu’il avait bien du toupet de faire cette remarque dans son émission à lui alors même qu’il consacrait bien généreusement 45 minutes de débat aux européennes. Sic. Un premier débat sur les européennes à moins de deux semaines du scrutin à 23h un jour de semaine. Quand on pense que la campagne pour l’élection présidentielle commence un an à l’avance. Il y a vraiment du boulot. Yves Calvi a en plus ajouté que France 2 avait une rédaction fort penchée sur la chose européenne, qui diffusait fréquemment des reportages sur l’Europe, et était d’ailleurs la seule chaîne française à avoir un bureau permanent à Bruxelles. Peut-être, mais lorsque l’on voit que les sujets européens ne sont pas diffusés avant la 19ème minute du journal même en temps de campagne officielle, comme je l’ai remarqué dans un article récent, on ne peut pas s’empêcher de penser que malgré les justifications d’Yves Calvi, on a tout de même un gros problème là, non ? Jean Quatremer est resté calme et courtois. Il a réussi a ajouté que les sujets sur l’actualité européenne ne représentent qu’environ 2% des sujets traités dans les médias français. Alors la rédaction de France 2 est peut-être la plus européenne des rédactions mais, n’en déplaise à Yves Calvi, faut-il vraiment se vanter de quelque chose qui reste en définitive franchement insuffisant ? 

Il est temps…
22/05/2009

J-13 avant les élections européennes.

Chose rare, je regarde le 20h de France 2.

Les nouvelles défilent. Ça parle de grêlons de la taille d’une balle de tennis, d’assureurs arnaqueurs, d’enfants mis en garde à vue, de sectes – ah oui, ça marche bien ça comme sujet les sectes, brrrrr, ça fait peur les sectes – ça parle même de la page facebook de Sarkozy, de Carla qui prend le thé à l’Elysée en jouant avec son chien, écœurant. J’attends… attentive, fébrile. Je perds espoir. Je me résigne, ce ne sera pas pour aujourd’hui…

Quand enfin ça arrive !

A la 19ème minute de la grande messe du 20h de la télévision publique subventionnée et à vocation pédagogique, à moins de deux semaines avant le scrutin : un sujet sur les élections européennes ! Miracle. Je n’y croyais plus. Enfin! tout de même. Bon voyons voir, ce que ça raconte. Je suis tout ouïe.

Sujet: “Les élections européennes: dépôt des listes terminé”. On nous présente les listes une à une. “L’UMP pour l’heure en tête dans les sondages. Ses candidats les plus médiatiques, deux ministres, Michel Barnier et Rachida Dati, candidats en Ile-de-France. Derrière le PS peine à trouver ses marques, affaibli par ses dissensions internes. Parmi ses têtes d’affiche: Harlem Désir en Ile-de-France, Vincent Peillon parachuté dans le Sud-Est ou Henri Weber dans le Centre »

Arrêt sur image : vous avez remarqué l’usage de termes positifs pour l’UMP, et de termes négatifs pour le PS ? Non ? Et bien moi oui, et c’est pour ça que je commence ce blog. Relisez :

UMP + en tête + plus médiatiques + deux ministres

PS + derrière + peine + affaibli + dissensions + parachuté

Sans compter que deux candidats sont nommés pour l’UMP, un homme et une femme, alors qu’on ne cite que des hommes pour le PS, pourtant champion de la parité. Vous voyez le déséquilibre maintenant? Vous vous dîtes que je suis parano ? Et bien non, ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres – trop nombreux – de quelque chose qui est devenu systématique. Je dis bien SYS-TE-MA-TI-QUE (oui j’ai l’accent du Sud).

Nous vivons dans un monde où les droites de tous pays ont gagné la guerre des médias et des esprits. Il est temps pour la gauche européenne, non pas de regagner la guerre des médias, non, ça n’est pas notre genre l’agressivité, la domination, l’écrasement des autres. Il est simplement temps que nous rétablissions l’équilibre médiatique. Il est temps de reprendre la parole et de se faire entendre.

Je reviens au sujet de France2. Les autres listes sont présentées, 5 secondes chacune. « Au final 72 députés à élire répartis en 8 régions. Un découpage artificiel et des têtes de liste pas toujours identifiables, voilà qui explique en partie le désintérêt des électeurs pour ces européennes. D’ailleurs, l’une des clefs de ce scrutin, peut-être la principale, sera bien le chiffre de l’abstention »

Temps du sujet: deux minutes chrono.

“Voilà qui explique en partie le désintérêt des électeurs pour ces européennes”? Je n’en reviens pas. Et le fait qu’à moins de deux semaines du scrutin, un sujet sur les européennes n’arrive qu’à la 19ème minute du journal, ça, ça n’a rien à voir avec le problème ? Mais de qui se moque-t-on ? « D’ailleurs, l’une des clefs de ce scrutin, peut-être la principale, sera bien le chiffre de l’abstention » Comment peut-on affirmer cela avant même que les élections n’aient lieu ? France2, en tant que chaîne publique, n’a-t-elle pas un rôle « clef » à jouer en faveur de la participation ? En vérité, ça aussi, c’est systématique. Oui, je répète : SYS-TE-MA-TI-QUE. Ces élections sont vues par les médias à travers une grille d’analyse nationale. L’enjeu n’est pas national, donc il n’y a pas d’enjeu. C’est fatigant. C’est épuisant. C’est désespérant.

Le Parti Socialiste, et le Parti Socialiste Européen auquel le PS est affilié, se battent depuis des mois pour politiser et européaniser ces élections. Pourtant, ça ne transparait pas dans les médias. Alors, qu’est-ce qui bloque ? Les français ne sont pas prêts ? L’Europe n’intéresse pas ? L’Europe, c’est trop compliqué ? Et bien non, rien de tout ça. Ce qui bloque, c’est l’UMP. L’UMP, et le Parti Populaire Européen auquel elle est affiliée, ne font pas campagne. Ils n’y ont pas intérêt puisqu’ils sont au pouvoir dans la majorité des pays d’Europe. Alors ils laissent passer, en espérant que ça ne se remarque pas. Du coup, le PS et le PSE se battent contre du vent. Nous voulons débattre. Nous organisons meeting sur meeting, mais les médias ne vous le rapportent pas. Pourquoi ? C’est simple. Parce que s’ils font un sujet sur le PS, ils doivent faire un sujet sur l’UMP pour être équitable. Or, l’UMP ne fait pas campagne, donc il n’y a pas de contrepartie disponible. Donc pas de sujet. Jusqu’au dernier moment l’UMP n’avait ni listes, ni programme. Et aussi scandaleux que ce soit, les médias n’en ont presque pas parlé. A la place, nous avons eu droit à des images de Carla en tailleur Chanel pavanant à la cour d’Espagne.

Il faut que ce cirque cesse.

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