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Il nous a fallu une semaine pour obtenir une Commission européenne paritaire
29/11/2009

Lorsque nous avons lancé la campagne en ligne pour une Commission européenne paritaire, il n’y avait encore que quatre femmes nommées à la Commission européenne. Une semaine plus tard seulement, nous en avons obtenu cinq de plus. Est-ce que notre (courte) campagne y a été pour quelque chose ? Je l’espère bien. Une chose est certaine, cette campagne a été portée par un enthousiasme extraordinaire. Aucun d’entre nous n’a été rémunéré pour ce travail, qui a été effectué pendant notre temps libre. Nous avons tout simplement essayé de tirer le meilleur parti de nos compétences et de nos réseaux. Et ça a marché.

GBC1En l’espace d’une semaine, 800 personnes ont signé la pétition pour que la Commission européenne comporte au moins un tiers de femmes. 2.000 personnes sont devenues fans de notre page Facebook. Nous avons obtenu des articles de presse dans European VoiceEl Mundothe Guardian et New Europe. De nombreux blogueurs et utilisateurs de Twitter, ainsi que le Lobby européen des femmes et New Europe, ont accepté de soutenir publiquement notre campagne. Bien que la présidente de PSE Femmes, Zita Gurmai, nous ait mentionnés sur son blog, aucun politicien n’a officiellement accepté d’apparaître en tant que supporter de notre campagne. Je me demande pourquoi.  Est-ce qu’ils ne se sentaient pas à l’aise à l’idée de se soutenir une campagne qui promouvait des candidates de différents partis politiques ? Ou est-ce que tout simplement ils attendaient que notre campagne prenne suffisamment d’importance pour qu’ils ne puissent plus l’ignorer ?

Quoi qu’il en soit, j’ai été heureuse de prendre part à cette mini-campagne, qui a démontré le pouvoir des médias sociaux. J’ai hâte de prendre part à la prochaine ! A votre avis, elle devrait porter sur quoi ?

J’ai assisté au PdF09 et j’assisterai au PdF10
29/11/2009

Le week-end dernier, j’étais à Barcelone pour le Personal Democracy Forum (PdF), la conférence où se rencontrent les aficionados de la politique et les férus du web. Très chouette expérience. Je dois reconnaître que je n’ai pas beaucoup appris lors des divers séminaires organisés, mais c’est peut-être parce que je m’y connais déjà plutôt bien, ce qui est finalement un bon signe. Certaines présentations m’ont tout de même inspirée. Mais au bout du compte, ce n’est pas le plus important.

Le plus important au PdF, comme dans toute conférence, ce sont les liens que l’on tisse à travers les rencontres que l’on fait. Et j’ai rencontré de nombreuses personnes passionnantes ce week-end là à Barcelone avec certaines desquelles nous développerons de nouveaux projets communs : des permanents du parti social-démocrate norvégien, des amis militants du PSE de Clermont-Ferrand, l’organisatrice du Brussels girl geek dinner, les personnes derrière Europatweets, des membres de la Netscouade et d’autres agences Internet, et beaucoup d’autres personnes exceptionnelles.

Alors félicitations aux organisateurs du PdF. J’ai été très heureuse de participer à l’évènement. Je suis maintenant de retour à Bruxelles la tête pleine de nouvelles idées, ce qui est probablement le meilleur résultat que l’on puisse espérer de ce type de conférence. Je serais contente d’aider à développer le réseau PdF en Europe et j’ai hâte de participer au PdF10, qui à mon sens devrait avoir de nouveau lieu à Barcelone (mais je ne suis sans doute pas objective à ce sujet, étant à moitié espagnole).

La culture politique de la Génération Y ou Génération 2.0 : Ouverture, Ethique et Humilité
10/07/2009

Il y a une semaine j’ai publié un article sur la Génération 2.0 où je parlais de l’impact de la révolution digitale sur nos sociétés. Hier sur Twitter, j’ai découvert le terme de Génération Y grâce à @boriswandoren. L’expression Génération Y est utilisée pour qualifier la génération qui est née à partir de la fin des années 1970, qui est la première à avoir massivement intégré l’utilisation des technologies digitales dans son quotidien. Boris Wandoren, Jon Worth et moi sommes alors entrés dans une conversation animée sur la nécessité d’une meilleure représentation en politique des valeurs de la Génération Y, ce qui a amené Jon Worth à publier un article où il réfute l’argument générationnel, argumentant que le problème principal de la politique contemporaine a plus à voir avec la difficulté structurelle des partis politiques à intégrer “les preneurs de risque, les leaders, les personnes dynamiques, les personnes qui sont portées par une idéologie”. Cet article a été repris par Julien Frisch, qui est partiellement d’accord avec Jon, tout en argumentant qu’il y a quand même un aspect générationnel à ce problème.

Je continue à penser qu’il s’agit d’un problème de génération. Mais ne me méprenez pas: il ne s’agit pas seulement de remplacer les aînés par des plus jeunes. Ce serait trop facile. Pour paraphraser Jon, “c’est plus important que ça”. La question générationnelle n’est pas seulement une question d’âge. Elle a bien plus de sens lorsqu’elle est appréhendée dans sa dimension culturelle. Beaucoup de jeunes gens ont le même état d’esprit que leur parents tandis que certains “moins” jeunes savent intégrer pleinement les apports culturels des générations plus récentes. Prenez l’exemple de Mai 68. Tous les jeunes de cette année-là n’était pas des hippies aux moeurs débridées, loin s’en faut! Certains jeunes étaient gaullistes, comme Papa. Pourtant, ils avaient tous le même âge. Par contre, en terme d’impact historique, ce sont bien les jeunes hippies progressistes, soutenus par certains aînés ouverts d’esprit, qui ont gagné la bataille culturelle.

La question générationnelle est pertinente en ce qu’elle est une question culturelle plus qu’une question d’âge. Alors, qu’est-ce que la culture de la Génération Y a de spécial et en quoi cela a de l’importance ? Selon l’article Wikipédia que j’ai pu trouver sur le sujet, ce qui caractérise la Génération Y, au moins dans les pays occidentaux, ce sont les choses suivantes:

  • “Ils n’ont pas eu à subir la menace d’apocalypse de la guerre froide.
  • Ils considèrent comme acquises (et parfois dépassées) les transformations morales des années 1960-1970.
  • Ils n’ont pas connu le monde sans le SIDA.
  • Ils étaient suffisamment jeunes lors de l’introduction massive de l’informatique grand-public et de l’électronique portable (téléphonie mobile, photo numérique, GPS) pour en avoir acquis une maîtrise intuitive qui dépasse généralement celle de leurs parents.
  • Ils sont nés avec les débuts de l’intérêt du grand-public pour l’écologisme (qui était précédemment l’affaire d’une minorité, et souvent assimilée à l’extrême-gauche).”

Cette liste n’est sans doute pas exhaustive, d’autant plus qu’elle ne s’applique pas à toutes les géographies, mais elle est quand même une base pour commencer la réflexion et poursuivre les recherches sur le sujet. Bien que l’article fasse une bonne description de la culture de la Génération Y, celle-ci n’est pas mise en relation avec les attitudes politiques de cette génération. Nous voilà arrivés là où je voulais en venir.

L’émergence de cette nouvelle culture va avoir un impact à long terme sur la politique. Mon intuition est que l’élection d’Obama est le premier signe visible de ce que sera l’héritage politique de la Génération Y. Je pense que le futur de la politique se trouve dans l’ouverture, l’éthique et l’humilité:

  • Ouverture car grâce aux technologies digitales le débat public devient de plus en plus perméable à l’interaction directe des citoyens, ce qui entraîne également la nécessité pour les institutions de devenir plus transparentes. Ouverture aussi car la tolérance est l’une des valeurs centrales de la Génération Y qui soutient le droit des minorités ainsi que les libertés sexuelles.
  • Ethique car depuis quelques décennies nous avons assisté au développement d’un certain sentiment de désenchantement par rapport à la politique, conséquence de la fréquence des scandales de corruption et de l’impression d’une certaine déconnexion entre les intentions nobles qu’affichent les politiciens et ce que leurs comportements montrent.
  • Humilité car dans le monde moderne tout un chacun peut devenir une idole en une minute, et retomber aussi rapidement dans l’anonymat, car le monde est devenu si complexe qu’aucune idéologie ne peut prétendre détenir toutes les clefs de la paix mondiale, car nous vivons dans un monde interdépendant où le destin des plus riches est lié à celui des plus pauvres.

Il y a, je crois, une demande de plus en plus importante pour une nouvelle manière de faire de la politique, basée sur les valeurs que je viens de décrire. Cependant, l’offre n’est pas encore satisfaisante… C’est tout pour aujourd’hui. Restez connectés: à venir, plus d’articles sur la Génération Y, la société ouverte et ce que cela implique pour la politique.

Mise à jour le 11 juillet:

Pour ceux qui lisent aussi en anglais:

La réaction de Boris Wandoren sur le sujet: http://www.clermont-citygroup.eu/2009/07/11/is-it-more-important-than-the-generational-issue/comment-page-1/#comment-454

et l’incroyable article de Kevin Kelly sur le socialisme digitale : http://www.wired.com/culture/culturereviews/magazine/17-06/nep_newsocialism?currentPage=all

Génération 2.0: plus qu’une révolution technologique, une révolution culturelle
1/07/2009

Ça y est, j’ai sauté le pas : il y a une semaine de cela, j’ai rejoint la communauté Twitter. Jusque-là j’avais été sceptique par rapport à l’intérêt de cet outil mais les articles écrits par Jon Worth et Julien Frisch sur l’usage de Twitter en politique m’ont ouvert les yeux et convaincue de rejoindre l’aventure Twitter. Quelques jours plus tard, l’article de Bente Kalsnes sur les « political geeks » me confortait dans l’idée que Twitter est un phénomène qui vaut la peine qu’on s’y intéresse. Maintenant, je suis accro. L’autre jour, je jonglais comme à mon habitude entre diverses fenêtres ouvertes sur Gmail, Facebook, Twitter et mon lecteur de flux RSS, entre autres, quand soudainement j’ai eu un flash-back : il y a dix ans, rien de tout ça ne faisait partie de ma vie, ni de celle de personne d’autre en l’occurrence.

Lorsque j’étais adolescente, dans les années 90, c’est-à-dire il y a juste un peu plus de dix ans, nous n’avions ni téléphones portables, ni ordinateurs. En France, on utilisait encore le Minitel, c’est tout dire. Les téléphones portables n’ont commencé à se répandre que lorsque je suis arrivée à l’université. Nous professeurs osaient encore à peine nous demander de « taper » nos devoirs au lieu de les écrire de manière manuscrite. Rares étaient ceux d’entre nous qui possédaient un ordinateur personnel. Dix ans plus tard, en masse, les jeunes gens de ma génération écrivent des « e-mails », « surfent » sur le « web », envoient des « SMS » depuis leur « GSM », compte des centaines « d’amis » sur « Facebook », « postent » leurs idées sur des « blogs » et participent à des débats enflammés sur « Twitter » avec des inconnus. Tout cela est arrivé en dix ans, et cela a profondément changé notre relation au monde, et en particulier à la sphère politique.

Nous sommes témoins du commencement d’une nouvelle ère. L’Histoire de l’espace public se rappellera probablement de la révolution digitale comme un évènement aussi important que l’invention de l’imprimerie par Gutenberg au XVème siècle. Tout le monde a accès à tout type d’information à travers une simple connexion Internet. L’information est devenue un bien commun. Ce n’est plus une source de pouvoir réservée à certains privilégiés. Ceci est en train de changer profondément l’équilibre politique. Qui que ce soit peut désormais influencer le débat public relativement facilement, pour peu qu’il ait de l’esprit, une bonne plume et qu’il comprenne comment utiliser de manière stratégique les outils Internet que sont les blogs, Facebook et Twitter.

L’information ne suit plus une pente horizontale, du journaliste au public. L’information provient désormais de toute part et elle est produite par tous. Par conséquent, la sphère publique devient de plus en plus horizontale. Ce rééquilibrage est en train d’avoir un impact énorme sur nos démocraties. Pendant des dizaines d’années –siècles ?- les débats politiques ont été menés par les journalistes, les intellectuels et les partis politiques. A présent, n’importe qui peut exprimer son opinion sur Internet et attirer beaucoup d’attention. L’information n’est plus un monopole. Nous sommes juste au début d’une nouvelle ère. Les informaticiens l’appellent la société digitale. La Commission européenne l’appelle la société de l’information. Je l’appellerais plutôt la société ouverte.

Cette évolution de la société représente un grand défi pour les partis politiques traditionnels. Ces organisations ont des structures lourdes. A mesure qu’elles ont grandi, les décisions internes se sont prises de plus en plus du haut vers le bas. Ceci ne fonctionne guère plus car grâce à la révolution digitale, l’information n’est plus le monopole de quelques uns. Cependant, les partis politiques traditionnels sont si figés dans le temps en ce qui concerne leur manière d’opérer, qu’ils ont des difficultés à intégrer la révolution Internet. Bien sûr, ils essaient de se mettre aux dernières technologies, ils se font concevoir des sites web « tendance » avec toutes les applications sympa qui vont avec. Mais ils n’ont pas réussi à comprendre le réel intérêt de ces nouvelles fonctionnalités, et les enjeux qu’elles soulèvent. Ils n’ont pas compris. Ils n’ont pas compris que ce qui est le plus important, ce n’est pas d’intégrer ces nouvelles technologies, mais de comprendre combien ces technologies ont façonné une nouvelle culture, une culture ouverte, basée sur la libre disposition de l’information et sur la possibilité de participer à sa production.

Cet article n’est que le début d’une série. Il me semble que le thème de la société ouverte est essentiel pour comprendre les transformations en cours du paysage politique tel que nous l’avons connu jusque-là. Le succès des Verts en France et du Parti des pirates en Suède, ainsi que les débats autour du libre partage des données numériques, sont autant d’indicateurs de cette évolution vers un nouveau type de société qui entraîne la nécessité d’inventer une nouvelle manière de faire de la politique.

Photo 1: le Minitel, technologie française de pointe. Crédits: Wikipedia Common

Photo 2: join the social media wagon. Crédits: Matt Hamm sur Flickr

Les crises ont ceci de salutaire qu’elles poussent au changement
23/06/2009

Le PS est en crise, en crise profonde. Plus personne ne le nie. Tout le monde le sait. Voilà, c’est dit, c’est un fait. Sur une note plus optimiste, on dit souvent qu’il faut toucher le fond de la piscine pour pouvoir donner un bon coup de pied et ainsi remonter à la surface. J’espère qu’on en est là.

Suite à la défaite des européennes, tous les leaders socialistes sont montés au créneau, chacun y allant de son explication de la défaite et de ses idées quant à la manière de s’en sortir. Bien sûr, ce sont toutes des analyses différentes, et on n’entend pas de voix commune. C’est bien tout le problème. Certains pensent que le parti devrait être plus à gauche, d’autres prônent le rapprochement au centre. Certains appellent au rassemblement de toute la gauche, d’autres souhaitent que le parti réaffirme son identité propre. Enfin, certains pensent même que le parti doit changer de nom, quand d’autres, plus extrêmes encore, pensent qu’il est mort et qu’il doit se dissoudre. Bref, on n’est pas sortis de l’auberge.

Parmi cette cacophonie d’idées, une est particulièrement populaire en ce moment, et crée de plus en plus d’intérêt parmi les militants. Il s’agit de l’idée d’organiser des primaires à l’américaine pour sélectionner le candidat de la gauche à l’élection présidentielle. L’idée a l’avantage d’être nouvelle, innovatrice et de surfer sur la vague Obama. Un rapport très intéressant à ce sujet a été produit par un groupe de réflexion sur la rénovation du PS. J’y reviendrai. L’idée est certes séduisante et mérite un grand intérêt mais il ne faudrait pas que ce soit l’arbre qui cache la forêt. Il ne faudrait pas que nous jetions toute notre énergie dans ce nouveau projet, sous peine de passer à nouveau à côté de l’essentiel. Oui, le PS est en crise et ce nouveau gadget électoral – aussi intéressant soit-il – ne saurait régler les problèmes de fond dont souffre notre mouvement. Ne nous précipitons pas. Nos défaites sont le résultat d’une déconnexion de notre parti et de son électorat. Notre parti n’a pas su renouveler son identité face aux évolutions de la société. C’est à cela qu’il faut travailler.

Pour les militants, la situation actuelle est très difficile à vivre. Le moral en a pris un coup, c’est évident. Nous sommes sonnés. Mais quelque chose me dit que nous ne sommes pas loin de ce moment où lorsque l’on touche le fond, on donne un bon coup de talon et on remonte lentement mais sûrement à la surface. Ce qui me donne cette intuition, c’est justement que plus personne ne conteste le fait que notre parti est en crise et que nous ne pouvons plus tergiverser. Il faut se renouveler ou disparaître. L’avantage de ce genre de moment, c’est que tout est permis. Les langues se délient, les volontés se multiplient, les débats aussi. On remet tout sur la table, on oublie les préjugés, on délaisse les vieilles recettes, et on s’ouvre à toute idée nouvelle. Alors, à ce moment-là oui, tout est possible. Les temps qui viennent s’annoncent passionnants.

crédits photo : jayhem @ flickr

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