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Forum 2009 des militants du PSE : Le défi de l’égalité pour tous
16/09/2009

Au forum des militants du PSE ce week-end, j’ai assisté à l’atelier intitulé « Vers une société plus juste – Le défi de l’égalité pour tous ». Cette session a été particulièrement rafraichissante, donnant l’opportunité à l’audience d’interagir avec le panel des intervenants dès le début de l’atelier. Pas de long discours mais un vrai débat. Parmi les intervenants, il y avait Rhonda Donaghey (SIPTU, Irlande), Lisa Pelling (Groupe de recherche de la FEPS), Michael Leiblfinger (Rainbow Rose) et Niall Crowly (Ancien directeur de l’autorité irlandaise pour l’égalité).

Ballons PSE flottant au-dessus du Trinity college

Ballons PSE flottant au-dessus du Trinity college

Selon Niall, en ces temps de difficultés économiques, malheureusement les gouvernements ont tendance à diminuer le financement des programmes en faveur de l’égalité, qui sont trop souvent considérés comme des politiques secondaires que l’on peut uniquement se permettre en temps de prospérité. Cependant, d’après Niall, une « crise de l’égalité » a précédé et mené à la crise économique que nous vivons actuellement. Des études montrent que les politique en faveur de l’égalité ne bénéficient pas uniquement aux populations vulnérables mais à la société toute entière dans la mesure où une société plus égalitaire est une société plus paisible, plus saine et plus heureuse. C’est pourquoi nous devrions mettre l’égalité au centre du débat public en Europe et protéger les infrastructures en place pour la mettre en œuvre.

Au sujet de la discrimination à l’égard des immigrés, Lisa Pelling a suggéré que nous changions la manière dont nous regardons l’immigration. Nous avons besoin de l’immigration dans la mesure où nos sociétés vieillissent et que notre population diminue. L’immigration est donc une chance pour nous. Nous devrions même être fiers que tant de personnes choisissent d’immigrer en Europe. Rebondissant sur les paroles de Lisa, un participant a dit que nous devrions réaffirmer que tout citoyen a le droit à la liberté et au bien-être où qu’il se trouve dans le monde. Il a ajouté que nous devrions affirmer clairement que les pays qui ne respectent pas les droits LGTB sont tout simplement des pays qui ne respectent pas les droits de l’homme.

En ce qui concerne les personnes handicapées, Niall a souligné que nous n’en sommes toujours pas au point où s’adapter à la différence nous semble être une évidence. Pour que cela fasse partie de nos réflexes, nous avons besoin de politique publiques fortes. Rhonda a clôturé l’atelier en appelant les participants à agir au jour le jour pour des sociétés plus égalitaires afin que dans cinq ans nous puissions avoir un Parlement européen plus varié, libéré des partis d’extrême-droite.

Ré-enchantement socialiste à l’université d’été de La Rochelle
2/09/2009

Sur le chemin du retour de Barcelone, je me suis arrêtée dans la jolie ville côtière de La Rochelle où se tenait l’université d’été du Parti socialiste. Beau temps et bonne humeur, l’ambiance était optimiste. Les journalistes l’ont senti eux aussi puisque pour la première fois depuis bien longtemps, ils ont écrit des articles sur le PS à tonalité positive. A quoi est dû ce revirement soudain ? Ont-ils senti l’enthousiasme des militants ? Ont-ils été séduits par les réformes annoncées par Martine Aubry ? Ont-ils simplement enfin pris conscience de la trop forte négativité dans leur manière d’aborder le PS ces dernières années ? Car non, il n’y a pas au PS que des batailles internes. Non, le PS n’est pas mort. Le PS est un parti de militants. Un parti bel et bien vivant, fort de la motivation et du dévouement de ses milliers de militants qui donnent sans relâche et bénévolement de leur temps car ils refusent la fatalité et font un jour le choix de prendre leur destin en main. Je suis régulièrement interloquée lorsque je constate la différence entre la vie du parti telle que je la vois en interne, et la manière dont il est présenté dans les média. Je me sens trahie, usurpée. Je suis heureuse qu’il y ait enfin des signes de changement.

Ce weekend à La Rochelle, l’enthousiasme des militants m’a réchauffé le cœur. Parmi les réformes annoncées par Martine Aubry dans son discours d’ouverture, deux en particulier ont provoqué des applaudissements à tout rompre, des bravos et des houras : la fin du cumul des mandats et l’organisation de primaires à l’américaine pour désigner le candidat de la gauche à l’élection présidentielle de 2012. A ces deux réformes radicales, s’est ajoutée l’annonce de la mise en ligne à l’automne d’un nouveau réseau social pour les militants et sympathisants du PS. Ce Facebook socialiste, s’appellera la Coopol, abréviation de Coopérative politique. Ces trois propositions-phares m’enchantent car elles vont toutes dans la direction d’une plus grande ouverture du Parti socialiste.

Ouverture à la diversité de la société grâce au non-cumul des mandats. Le Parti socialiste a besoin pour se renouveler de promouvoir des femmes, des jeunes, des personnes d’origine étrangère, des personnes de tous milieux et tous parcours. Pas seulement par obligation de mieux refléter la diversité de la société française, mais aussi parce que de la diversité naît la créativité.

Ouverture à nos partis frères à gauche et à la participation de nos sympathisants à la vie du parti grâce aux primaires présidentielles. Je suis convaincue qu’il est nécessaire que la gauche se rassemble. Nous sommes portés par les mêmes valeurs. Ce qui nous différencie est notre vision de la méthode à suivre pour atteindre notre idéal commun. La primaire donnera également l’opportunité aux sympathisants de gauche de devenir acteur de notre campagne, et suscitera à coup sûr des vocations.

Ouverture à de nouveaux modes de militantisme grâce à la Coopol. Cet outil permettra aux militants partageant des intérêts communs de se retrouver et d’agir ensemble malgré la distance géographique. L’ouverture de l’outil aux sympathisants permettra également de montrer que notre parti est un lieu de débats et un laboratoire d’innovation politique.

L’ouverture est un concept de gauche, tout comme la démocratie participative et la transparence. Il était temps que nous le réaffirmions.

La culture politique de la Génération Y ou Génération 2.0 : Ouverture, Ethique et Humilité
10/07/2009

Il y a une semaine j’ai publié un article sur la Génération 2.0 où je parlais de l’impact de la révolution digitale sur nos sociétés. Hier sur Twitter, j’ai découvert le terme de Génération Y grâce à @boriswandoren. L’expression Génération Y est utilisée pour qualifier la génération qui est née à partir de la fin des années 1970, qui est la première à avoir massivement intégré l’utilisation des technologies digitales dans son quotidien. Boris Wandoren, Jon Worth et moi sommes alors entrés dans une conversation animée sur la nécessité d’une meilleure représentation en politique des valeurs de la Génération Y, ce qui a amené Jon Worth à publier un article où il réfute l’argument générationnel, argumentant que le problème principal de la politique contemporaine a plus à voir avec la difficulté structurelle des partis politiques à intégrer “les preneurs de risque, les leaders, les personnes dynamiques, les personnes qui sont portées par une idéologie”. Cet article a été repris par Julien Frisch, qui est partiellement d’accord avec Jon, tout en argumentant qu’il y a quand même un aspect générationnel à ce problème.

Je continue à penser qu’il s’agit d’un problème de génération. Mais ne me méprenez pas: il ne s’agit pas seulement de remplacer les aînés par des plus jeunes. Ce serait trop facile. Pour paraphraser Jon, “c’est plus important que ça”. La question générationnelle n’est pas seulement une question d’âge. Elle a bien plus de sens lorsqu’elle est appréhendée dans sa dimension culturelle. Beaucoup de jeunes gens ont le même état d’esprit que leur parents tandis que certains “moins” jeunes savent intégrer pleinement les apports culturels des générations plus récentes. Prenez l’exemple de Mai 68. Tous les jeunes de cette année-là n’était pas des hippies aux moeurs débridées, loin s’en faut! Certains jeunes étaient gaullistes, comme Papa. Pourtant, ils avaient tous le même âge. Par contre, en terme d’impact historique, ce sont bien les jeunes hippies progressistes, soutenus par certains aînés ouverts d’esprit, qui ont gagné la bataille culturelle.

La question générationnelle est pertinente en ce qu’elle est une question culturelle plus qu’une question d’âge. Alors, qu’est-ce que la culture de la Génération Y a de spécial et en quoi cela a de l’importance ? Selon l’article Wikipédia que j’ai pu trouver sur le sujet, ce qui caractérise la Génération Y, au moins dans les pays occidentaux, ce sont les choses suivantes:

  • “Ils n’ont pas eu à subir la menace d’apocalypse de la guerre froide.
  • Ils considèrent comme acquises (et parfois dépassées) les transformations morales des années 1960-1970.
  • Ils n’ont pas connu le monde sans le SIDA.
  • Ils étaient suffisamment jeunes lors de l’introduction massive de l’informatique grand-public et de l’électronique portable (téléphonie mobile, photo numérique, GPS) pour en avoir acquis une maîtrise intuitive qui dépasse généralement celle de leurs parents.
  • Ils sont nés avec les débuts de l’intérêt du grand-public pour l’écologisme (qui était précédemment l’affaire d’une minorité, et souvent assimilée à l’extrême-gauche).”

Cette liste n’est sans doute pas exhaustive, d’autant plus qu’elle ne s’applique pas à toutes les géographies, mais elle est quand même une base pour commencer la réflexion et poursuivre les recherches sur le sujet. Bien que l’article fasse une bonne description de la culture de la Génération Y, celle-ci n’est pas mise en relation avec les attitudes politiques de cette génération. Nous voilà arrivés là où je voulais en venir.

L’émergence de cette nouvelle culture va avoir un impact à long terme sur la politique. Mon intuition est que l’élection d’Obama est le premier signe visible de ce que sera l’héritage politique de la Génération Y. Je pense que le futur de la politique se trouve dans l’ouverture, l’éthique et l’humilité:

  • Ouverture car grâce aux technologies digitales le débat public devient de plus en plus perméable à l’interaction directe des citoyens, ce qui entraîne également la nécessité pour les institutions de devenir plus transparentes. Ouverture aussi car la tolérance est l’une des valeurs centrales de la Génération Y qui soutient le droit des minorités ainsi que les libertés sexuelles.
  • Ethique car depuis quelques décennies nous avons assisté au développement d’un certain sentiment de désenchantement par rapport à la politique, conséquence de la fréquence des scandales de corruption et de l’impression d’une certaine déconnexion entre les intentions nobles qu’affichent les politiciens et ce que leurs comportements montrent.
  • Humilité car dans le monde moderne tout un chacun peut devenir une idole en une minute, et retomber aussi rapidement dans l’anonymat, car le monde est devenu si complexe qu’aucune idéologie ne peut prétendre détenir toutes les clefs de la paix mondiale, car nous vivons dans un monde interdépendant où le destin des plus riches est lié à celui des plus pauvres.

Il y a, je crois, une demande de plus en plus importante pour une nouvelle manière de faire de la politique, basée sur les valeurs que je viens de décrire. Cependant, l’offre n’est pas encore satisfaisante… C’est tout pour aujourd’hui. Restez connectés: à venir, plus d’articles sur la Génération Y, la société ouverte et ce que cela implique pour la politique.

Mise à jour le 11 juillet:

Pour ceux qui lisent aussi en anglais:

La réaction de Boris Wandoren sur le sujet: http://www.clermont-citygroup.eu/2009/07/11/is-it-more-important-than-the-generational-issue/comment-page-1/#comment-454

et l’incroyable article de Kevin Kelly sur le socialisme digitale : http://www.wired.com/culture/culturereviews/magazine/17-06/nep_newsocialism?currentPage=all

Une analyse pertinente, exhaustive et synthétique des élections européennes
27/06/2009


J’ai découvert sur le site du think-tank FEPS une analyse des élections européennes qui me semble fort pertinente et relativement exhaustive, tout en étant assez synthétique ce qui est toujours appréciable. Pour ceux qui peuvent lire l’anglais, vous trouverez l’analyse de la FEPS en cliquant ici.

L’avortement est une « aberration » plus grave que la pédophilie, selon la tête de liste du PP, allié espagnol de l’UMP
3/06/2009

Le 29 mai, lors d’un meeting électoral, la tête de liste du PP pour les élections européennes, Jaime Mayor Oreja a exprimé son soutien aux affirmations du Cardinal Antonio Cañizares regardant un rapport récent sur les abus sexuels perpétués pendant des dizaines d’années dans des écoles catholiques irlandaises, rapporte El País. Mayor a déclaré que Cañizares a raison de dire que ce qui s’est passé en Irlande n’est pas aussi grave que « les centaines de vie détruites par l’avortement ». Il a aussi prétendu ne pas comprendre le scandale que les déclarations de Cañizares ont créé. Commentant l’affaire, Juan Fernando López Aguilar, la tête de liste du Parti socialiste espagnol, a dit que la vision du PP n’est pas la « perception majoritaire dans la société » et que Mayor essaye de criminaliser les femmes qui ont fait leur choix. Le jour suivant, lors d’un meeting à Esplugues de Llobregat (Barcelone), le président du PP, Mariano Rajoy a essayé d’éviter que soit abordé son soutien à Mayor. Le Président socialiste du gouvernement, José Luis Rodríguez Zapatero, a également réagi en demandant à Mayor de « retirer ses déclarations qui sont vieilles de 30 ou 40 ans ». « Nous ne permettons pas à M. Mayor Oreja d’imposer sa morale » sur la société espagnole, a-t-il ajouté.

Pour mémoire, M. Mayor Oreja a par ailleurs refusé de soutenir la déclaration condamnant les soixante-dix ans du régime du Général Franco lors de la session plénière de juillet 2007. « Pourquoi devrais-je condamner le régime de Franco? », a-t-il dit. « Je n’ai pas condamné Franco, je soutiens la transition démocratique. Comment puis-je condamner ce qui représente, sans conteste, une part importante de la société espagnole? », a-t-il ajouté.

Bon franchement, est-ce que c’est vraiment le genre de type que vous aimeriez voir prendre des décisions pour vous au Parlement européen ? Le PP est un allié – entre autres- de l’UMP, du Parti de la Liberté (le parti de Berlusconi) et de la CDU. Tous ces partis se rassemblent dans le Parti populaire européen, où ils sont nombreux à clamer haut et fort leurs valeurs chrétiennes, qu’ils qualifient de « vraies valeurs ». Je n’aime pas jouer sur les peurs des gens –non, ça c’est une tactique de droite- mais c’est tout de même un peu effrayant cette histoire, non ? Je vous en prie, réfléchissez bien avant de voter. 

Pourquoi je suis (ouvertement) socialiste
24/05/2009

J’ai beaucoup réfléchi avant de choisir mon pseudo. Comme beaucoup, j’ai décidé d’ouvrir un blog parce que je souhaite partager mes idées, parce que j’aime écrire aussi, bien sûr, sans cela on ne le fait pas. Je souhaitais également faire partager le vécu d’une militante lambda du Parti socialiste français et du Parti socialiste européen, montrer une autre face de la politique, et des socialistes, autre que l’image déformée qui est présentée dans les médias.

Alors quel pseudo choisir ? J’ai pensé utiliser un pseudo neutre politiquement, comme beaucoup en utilise. Je me disais que, peut-être comme ça, en avançant masquée en quelque sorte, mes idées auraient plus d’écho. C’est malheureux mais parfois, j’ai l’impression qu’affirmer son orientation politique fait peur aux gens et discrédite immédiatement tout ce que vous pouvez dire par la suite. Dans le milieu européen de Bruxelles dans lequel j’évolue, rares sont ceux qui prennent parti. Pourtant, tous travaillent de près ou de loin dans la politique européenne. Sauf qu’ici à Bruxelles, on appelle ça « les affaires européennes », comme pour dépolitiser l’objet de notre travail. Il est vrai que la plupart du travail des lobbys – industries et associations – a pour cible les fonctionnaires de la Commission européenne, qui se doivent d’être « neutres » justement. Je ne crois pas en la neutralité. Bien sûr, on peut essayer d’être impartial, et c’est une nécessité éthique pour le fonctionnaire, mais on n’est jamais neutre. Nous avons tous certaines valeurs, et elles sont différentes d’une personne à l’autre.

Alors pourquoi le simple fait d’afficher son orientation politique fait-il peur à beaucoup ? Je me suis souvent posé la question. Je crois qu’il y a une idée assez ancrée dans l’air du temps qui est qu’engagement dans un parti politique rime avec dogmatisme et embrigadement. J’ai moi-même longtemps pensé ainsi. Bien que fascinée depuis toujours par la politique, je n’ai choisi mon parti que tardivement. J’avais peur de perdre ma liberté de pensée. Lorsque ma vie de militante a commencé, j’ai eu la bonne surprise de voir contredits ces aprioris. Un parti – le mien en tout cas – est un lieu d’échange, de débat. Nous ne sommes pas toujours d’accord sur le chemin à suivre, loin s’en faut. Mais ce sur quoi nous nous accordons, ce sont certaines valeurs fondamentales qui donnent sens à notre engagement. Un parti est une famille politique. Dans une famille, on n’est pas toujours d’accord. Non, on se dispute souvent dans une famille d’ailleurs, et c’est sain. Mais dans une famille on sait ce qui nous rassemble. Ce qui nous unit, c’est un ensemble de valeurs. Et ces valeurs ne sont pas les mêmes dans toutes les familles. Les miennes sont des valeurs de gauche.

Parce que je ne crois pas en la neutralité, parce que je pense qu’il faut réhabiliter la politique, et parce qu’avant tout je suis quelqu’un d’honnête, j’ai choisi d’être claire dans mon pseudo. Je suis europhile et socialiste. Je suis eurosocialiste.

Il est temps…
22/05/2009

J-13 avant les élections européennes.

Chose rare, je regarde le 20h de France 2.

Les nouvelles défilent. Ça parle de grêlons de la taille d’une balle de tennis, d’assureurs arnaqueurs, d’enfants mis en garde à vue, de sectes – ah oui, ça marche bien ça comme sujet les sectes, brrrrr, ça fait peur les sectes – ça parle même de la page facebook de Sarkozy, de Carla qui prend le thé à l’Elysée en jouant avec son chien, écœurant. J’attends… attentive, fébrile. Je perds espoir. Je me résigne, ce ne sera pas pour aujourd’hui…

Quand enfin ça arrive !

A la 19ème minute de la grande messe du 20h de la télévision publique subventionnée et à vocation pédagogique, à moins de deux semaines avant le scrutin : un sujet sur les élections européennes ! Miracle. Je n’y croyais plus. Enfin! tout de même. Bon voyons voir, ce que ça raconte. Je suis tout ouïe.

Sujet: “Les élections européennes: dépôt des listes terminé”. On nous présente les listes une à une. “L’UMP pour l’heure en tête dans les sondages. Ses candidats les plus médiatiques, deux ministres, Michel Barnier et Rachida Dati, candidats en Ile-de-France. Derrière le PS peine à trouver ses marques, affaibli par ses dissensions internes. Parmi ses têtes d’affiche: Harlem Désir en Ile-de-France, Vincent Peillon parachuté dans le Sud-Est ou Henri Weber dans le Centre »

Arrêt sur image : vous avez remarqué l’usage de termes positifs pour l’UMP, et de termes négatifs pour le PS ? Non ? Et bien moi oui, et c’est pour ça que je commence ce blog. Relisez :

UMP + en tête + plus médiatiques + deux ministres

PS + derrière + peine + affaibli + dissensions + parachuté

Sans compter que deux candidats sont nommés pour l’UMP, un homme et une femme, alors qu’on ne cite que des hommes pour le PS, pourtant champion de la parité. Vous voyez le déséquilibre maintenant? Vous vous dîtes que je suis parano ? Et bien non, ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres – trop nombreux – de quelque chose qui est devenu systématique. Je dis bien SYS-TE-MA-TI-QUE (oui j’ai l’accent du Sud).

Nous vivons dans un monde où les droites de tous pays ont gagné la guerre des médias et des esprits. Il est temps pour la gauche européenne, non pas de regagner la guerre des médias, non, ça n’est pas notre genre l’agressivité, la domination, l’écrasement des autres. Il est simplement temps que nous rétablissions l’équilibre médiatique. Il est temps de reprendre la parole et de se faire entendre.

Je reviens au sujet de France2. Les autres listes sont présentées, 5 secondes chacune. « Au final 72 députés à élire répartis en 8 régions. Un découpage artificiel et des têtes de liste pas toujours identifiables, voilà qui explique en partie le désintérêt des électeurs pour ces européennes. D’ailleurs, l’une des clefs de ce scrutin, peut-être la principale, sera bien le chiffre de l’abstention »

Temps du sujet: deux minutes chrono.

“Voilà qui explique en partie le désintérêt des électeurs pour ces européennes”? Je n’en reviens pas. Et le fait qu’à moins de deux semaines du scrutin, un sujet sur les européennes n’arrive qu’à la 19ème minute du journal, ça, ça n’a rien à voir avec le problème ? Mais de qui se moque-t-on ? « D’ailleurs, l’une des clefs de ce scrutin, peut-être la principale, sera bien le chiffre de l’abstention » Comment peut-on affirmer cela avant même que les élections n’aient lieu ? France2, en tant que chaîne publique, n’a-t-elle pas un rôle « clef » à jouer en faveur de la participation ? En vérité, ça aussi, c’est systématique. Oui, je répète : SYS-TE-MA-TI-QUE. Ces élections sont vues par les médias à travers une grille d’analyse nationale. L’enjeu n’est pas national, donc il n’y a pas d’enjeu. C’est fatigant. C’est épuisant. C’est désespérant.

Le Parti Socialiste, et le Parti Socialiste Européen auquel le PS est affilié, se battent depuis des mois pour politiser et européaniser ces élections. Pourtant, ça ne transparait pas dans les médias. Alors, qu’est-ce qui bloque ? Les français ne sont pas prêts ? L’Europe n’intéresse pas ? L’Europe, c’est trop compliqué ? Et bien non, rien de tout ça. Ce qui bloque, c’est l’UMP. L’UMP, et le Parti Populaire Européen auquel elle est affiliée, ne font pas campagne. Ils n’y ont pas intérêt puisqu’ils sont au pouvoir dans la majorité des pays d’Europe. Alors ils laissent passer, en espérant que ça ne se remarque pas. Du coup, le PS et le PSE se battent contre du vent. Nous voulons débattre. Nous organisons meeting sur meeting, mais les médias ne vous le rapportent pas. Pourquoi ? C’est simple. Parce que s’ils font un sujet sur le PS, ils doivent faire un sujet sur l’UMP pour être équitable. Or, l’UMP ne fait pas campagne, donc il n’y a pas de contrepartie disponible. Donc pas de sujet. Jusqu’au dernier moment l’UMP n’avait ni listes, ni programme. Et aussi scandaleux que ce soit, les médias n’en ont presque pas parlé. A la place, nous avons eu droit à des images de Carla en tailleur Chanel pavanant à la cour d’Espagne.

Il faut que ce cirque cesse.

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