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Bon anniversaire Bloggingportal.eu !
26/01/2010

Aujourd’hui nous fêtons le premier anniversaire de Bloggingportal.eu. C’est difficile à croire mais le projet n’a qu’un an. Le portail agrège déjà plus de 500 euroblogs et blogs parlant de l’UE dans toutes sortes de langues. Il s’agit d’un projet sans but lucratif qui ne reçoit aucun financement. Nous sommes une équipe de blogueurs volontaires qui, chaque jour durant notre temps libre, sélectionnent les meilleurs blogs parlant d’Europe et taguent les articles. Inévitablement, certaines langues sont mieux représentées que d’autres ; l’anglais, l’allemand, le français et plus récemment l’espagnol. C’est parce que bien que notre équipe de blogueurs soit multilingue, nous ne parlons pas toutes les langues européennes. C’est pourquoi de nouvelles recrues seraient les bienvenues. Si tu souhaites rejoindre l’équipe, envoie un mail te décrivant toi et ton blog à l’adresse suivante : info @ bloggingportal.eu. Au plaisir de te voir sur bloggingportal.eu!

bloggingportal-1year

Adieu 2009 ! Bonjour 2010 !
10/01/2010

Il y a deux jours j’ai pris part à l’enregistrement du podcast Chasing Brussels. On nous a demandé quels étaient selon nous les moments-clefs de 2009 et quels pourraient être ceux de 2010.

2009 a été pour moi l’année du renouveau. Pour la première fois, j’ai été très active dans la campagne des élections européennes et ça a été une expérience passionnante. Nous avons vécu les prémisses d’une campagne politique pan-européenne au Parti socialiste européen. Malgré nos efforts, la campagne est restée principalement centrée sur des enjeux nationaux ce qui a été très frustrant pour les militants européens. Au final, le Parlement européen est encore plus à droite qu’avant et on aura droit à Barroso 5 ans de plus. Ce statu quo a quelque chose de très décourageant. Sur une note plus positive, 2009 c’est aussi l’année où j’ai commencé à bloguer, à tweeter et à utiliser toutes sortes d’outils web 2.0. J’ai été impliqué dans des projets passionnants tels que bloggingportal.eu –l’aggrégateur de blogs qui parlent d’Europe- et la campagne pour une commission européenne paritaire. J’ai eu le plaisir de rencontré de nombreux Euroblogueurs en personne et virtuellement grâce à Skype, les chats et Google Wave.

Je ne sais pas si 2010 sera intéressante du point de vue de la politique européenne. Il n’y a pas de moment plus mobilisateur dans la vie politique que les élections. Après ça, on revient à la normal. Bien sûr, il se passera plein de choses intéressantes chez les législateurs européens mais j’ai bien peur que la plupart du temps elles restent ignorées par les médias traditionnels. Voyons voir si pendant les 4 prochaines années notre communauté grandissante d’Euroblogueurs arrive à changer cette dynamique.

Pour le moment, si vous avez un peu de temps (étudiants, chômeurs, retraités) je vous invite à suivre les auditions par les eurodéputés des Commissaires européens désignés. Elles auront lieu du 11 au 19 janvier. Envie de poser vos propres questions aux commissaires désignés ? C’est possible grâce aux socialistes européens. Pour plus d’info, cliquez ici. Vous trouverez l’agenda des auditions ici et vous pourrez suivre les auditions là. Je twitterai en direct ici.

Il nous a fallu une semaine pour obtenir une Commission européenne paritaire
29/11/2009

Lorsque nous avons lancé la campagne en ligne pour une Commission européenne paritaire, il n’y avait encore que quatre femmes nommées à la Commission européenne. Une semaine plus tard seulement, nous en avons obtenu cinq de plus. Est-ce que notre (courte) campagne y a été pour quelque chose ? Je l’espère bien. Une chose est certaine, cette campagne a été portée par un enthousiasme extraordinaire. Aucun d’entre nous n’a été rémunéré pour ce travail, qui a été effectué pendant notre temps libre. Nous avons tout simplement essayé de tirer le meilleur parti de nos compétences et de nos réseaux. Et ça a marché.

GBC1En l’espace d’une semaine, 800 personnes ont signé la pétition pour que la Commission européenne comporte au moins un tiers de femmes. 2.000 personnes sont devenues fans de notre page Facebook. Nous avons obtenu des articles de presse dans European VoiceEl Mundothe Guardian et New Europe. De nombreux blogueurs et utilisateurs de Twitter, ainsi que le Lobby européen des femmes et New Europe, ont accepté de soutenir publiquement notre campagne. Bien que la présidente de PSE Femmes, Zita Gurmai, nous ait mentionnés sur son blog, aucun politicien n’a officiellement accepté d’apparaître en tant que supporter de notre campagne. Je me demande pourquoi.  Est-ce qu’ils ne se sentaient pas à l’aise à l’idée de se soutenir une campagne qui promouvait des candidates de différents partis politiques ? Ou est-ce que tout simplement ils attendaient que notre campagne prenne suffisamment d’importance pour qu’ils ne puissent plus l’ignorer ?

Quoi qu’il en soit, j’ai été heureuse de prendre part à cette mini-campagne, qui a démontré le pouvoir des médias sociaux. J’ai hâte de prendre part à la prochaine ! A votre avis, elle devrait porter sur quoi ?

Citation de la semaine : Samuel Faure
28/09/2009

“Le Parlement européen est-il prêt à sortir de sa consensuelle-enfance pour faire sa nécessaire crise de transition-adolescence vers l’âge démocratique-adulte ?”

Samuel Faure, Lettre ouverte aux eurodéputé(e)s sociaux-démocrates : Êtes-vous prêt(e)s à « foutre le bordel » ?

La culture politique de la Génération Y ou Génération 2.0 : Ouverture, Ethique et Humilité
10/07/2009

Il y a une semaine j’ai publié un article sur la Génération 2.0 où je parlais de l’impact de la révolution digitale sur nos sociétés. Hier sur Twitter, j’ai découvert le terme de Génération Y grâce à @boriswandoren. L’expression Génération Y est utilisée pour qualifier la génération qui est née à partir de la fin des années 1970, qui est la première à avoir massivement intégré l’utilisation des technologies digitales dans son quotidien. Boris Wandoren, Jon Worth et moi sommes alors entrés dans une conversation animée sur la nécessité d’une meilleure représentation en politique des valeurs de la Génération Y, ce qui a amené Jon Worth à publier un article où il réfute l’argument générationnel, argumentant que le problème principal de la politique contemporaine a plus à voir avec la difficulté structurelle des partis politiques à intégrer “les preneurs de risque, les leaders, les personnes dynamiques, les personnes qui sont portées par une idéologie”. Cet article a été repris par Julien Frisch, qui est partiellement d’accord avec Jon, tout en argumentant qu’il y a quand même un aspect générationnel à ce problème.

Je continue à penser qu’il s’agit d’un problème de génération. Mais ne me méprenez pas: il ne s’agit pas seulement de remplacer les aînés par des plus jeunes. Ce serait trop facile. Pour paraphraser Jon, “c’est plus important que ça”. La question générationnelle n’est pas seulement une question d’âge. Elle a bien plus de sens lorsqu’elle est appréhendée dans sa dimension culturelle. Beaucoup de jeunes gens ont le même état d’esprit que leur parents tandis que certains “moins” jeunes savent intégrer pleinement les apports culturels des générations plus récentes. Prenez l’exemple de Mai 68. Tous les jeunes de cette année-là n’était pas des hippies aux moeurs débridées, loin s’en faut! Certains jeunes étaient gaullistes, comme Papa. Pourtant, ils avaient tous le même âge. Par contre, en terme d’impact historique, ce sont bien les jeunes hippies progressistes, soutenus par certains aînés ouverts d’esprit, qui ont gagné la bataille culturelle.

La question générationnelle est pertinente en ce qu’elle est une question culturelle plus qu’une question d’âge. Alors, qu’est-ce que la culture de la Génération Y a de spécial et en quoi cela a de l’importance ? Selon l’article Wikipédia que j’ai pu trouver sur le sujet, ce qui caractérise la Génération Y, au moins dans les pays occidentaux, ce sont les choses suivantes:

  • “Ils n’ont pas eu à subir la menace d’apocalypse de la guerre froide.
  • Ils considèrent comme acquises (et parfois dépassées) les transformations morales des années 1960-1970.
  • Ils n’ont pas connu le monde sans le SIDA.
  • Ils étaient suffisamment jeunes lors de l’introduction massive de l’informatique grand-public et de l’électronique portable (téléphonie mobile, photo numérique, GPS) pour en avoir acquis une maîtrise intuitive qui dépasse généralement celle de leurs parents.
  • Ils sont nés avec les débuts de l’intérêt du grand-public pour l’écologisme (qui était précédemment l’affaire d’une minorité, et souvent assimilée à l’extrême-gauche).”

Cette liste n’est sans doute pas exhaustive, d’autant plus qu’elle ne s’applique pas à toutes les géographies, mais elle est quand même une base pour commencer la réflexion et poursuivre les recherches sur le sujet. Bien que l’article fasse une bonne description de la culture de la Génération Y, celle-ci n’est pas mise en relation avec les attitudes politiques de cette génération. Nous voilà arrivés là où je voulais en venir.

L’émergence de cette nouvelle culture va avoir un impact à long terme sur la politique. Mon intuition est que l’élection d’Obama est le premier signe visible de ce que sera l’héritage politique de la Génération Y. Je pense que le futur de la politique se trouve dans l’ouverture, l’éthique et l’humilité:

  • Ouverture car grâce aux technologies digitales le débat public devient de plus en plus perméable à l’interaction directe des citoyens, ce qui entraîne également la nécessité pour les institutions de devenir plus transparentes. Ouverture aussi car la tolérance est l’une des valeurs centrales de la Génération Y qui soutient le droit des minorités ainsi que les libertés sexuelles.
  • Ethique car depuis quelques décennies nous avons assisté au développement d’un certain sentiment de désenchantement par rapport à la politique, conséquence de la fréquence des scandales de corruption et de l’impression d’une certaine déconnexion entre les intentions nobles qu’affichent les politiciens et ce que leurs comportements montrent.
  • Humilité car dans le monde moderne tout un chacun peut devenir une idole en une minute, et retomber aussi rapidement dans l’anonymat, car le monde est devenu si complexe qu’aucune idéologie ne peut prétendre détenir toutes les clefs de la paix mondiale, car nous vivons dans un monde interdépendant où le destin des plus riches est lié à celui des plus pauvres.

Il y a, je crois, une demande de plus en plus importante pour une nouvelle manière de faire de la politique, basée sur les valeurs que je viens de décrire. Cependant, l’offre n’est pas encore satisfaisante… C’est tout pour aujourd’hui. Restez connectés: à venir, plus d’articles sur la Génération Y, la société ouverte et ce que cela implique pour la politique.

Mise à jour le 11 juillet:

Pour ceux qui lisent aussi en anglais:

La réaction de Boris Wandoren sur le sujet: http://www.clermont-citygroup.eu/2009/07/11/is-it-more-important-than-the-generational-issue/comment-page-1/#comment-454

et l’incroyable article de Kevin Kelly sur le socialisme digitale : http://www.wired.com/culture/culturereviews/magazine/17-06/nep_newsocialism?currentPage=all

Communiquer l’Europe : mission impossible ? Et si le problème était ailleurs…
8/07/2009

Lundi, l’association Forum 311 organisait à Bruxelles un débat sur le thème « Communiquer l’Europe : Mission impossible ? ». Je n’ai pas pu y assister. Heureusement, d’autres confrères bloggeurs s’y trouvaient et j’ai donc pu lire deux comptes-rendus du débat aussi différents dans leur style que dans leur contenu. Tandis que le blog du professionnel de la communication, Michael Malherbe, donne une présentation détaillée des thèmes qui ont été abordés, un Européen jamais content a choisi de rapporter l’ambiance des échanges. Je vous invite à lire les deux articles.

Bien que les institutions européennes aient fait des efforts remarquables cette année pour « communiquer l’Europe » en préparation des élections européennes, le taux de participation a été, comme toujours, plus bas qu’aux élections précédentes. Voilà qui fait sans doute désespérer les communicants de l’Europe, d’où le titre du débat. Ils ont tant essayé pourtant. Ils se disent, à nouveau, qu’il faut se rendre à l’évidence : communiquer l’Europe est décidément mission impossible. Willy Helin, Chef de la Représentation de la Commission européenne en Belgique, parle même de « mission suicide ». Et si le problème se trouvait dans l’expression même qui est utilisée pour tenter de le résoudre ? « Communiquer l’Europe »… et pourquoi pas « communiquer avec les Européens » ou même « communiquer entre Européens » ?

Lors des débats autour du « non » français, du « nee » néerlandais et du « no » irlandais au feu traité constitutionnel puis au traité de Lisbonne, j’avais été frappée par la réaction des eurospécialistes de tous bords. Le diagnostic était unanime. Si les Européens avaient été mieux informés, ils auraient voté « oui », « ja » et « yes » en chœur. Peut-être. Sans doute même. Mais à l’instar de ce débat, le problème n’est pas là.

La nécessité n’est pas de « communiquer l’Europe », comprenez porter la bonne parole des élites éclairées vers le peuple aveuglé, mais de communiquer en Europe, entre Européens sur l’Europe. La première conception du problème « communiquer l’Europe » est didactique. Les institutions fournissent des informations sur ce qu’elles font, de manière unidirectionnelle. Elles émettent de l’information en direction de destinataires –les citoyens européens- qui n’ont rien demandé d’ailleurs. La deuxième conception est interactive. Il s’agit de faire débattre de l’Europe. À mon sens, le problème majeur de la « communication européenne » est qu’elle est institutionnelle, c’est-à-dire consensuelle, dépolitisée et, par conséquent, non polémique. Du coup, c’est ennuyeux. C’est là où le bât blesse.

Bien que j’aie regretté le résultat du référendum sur le traité constitutionnel européen en France, il s’est quand même passé quelque chose d’extrêmement positif pendant cette campagne. Pour une fois, on a parlé d’Europe ! Cette campagne a passionné les Français. Tout le monde en parlait. Pourquoi ? Parce qu’il y avait des camps opposés qui s’affrontaient sur des choix politiques compréhensibles, parce qu’il y a eu des débats enflammés justement, parce que pour la première fois, on avait politisé l’Europe. Je suis persuadée que la solution au problème de la distance entre les institutions européennes et les Européens se trouve dans la politisation de l’Europe. C’est le sens de mon engagement.

Alors oui, je sais bien, on me répondra : mission impossible justement ! Parce que les partis nationaux (certains) s’y refusent, parce que les cultures politiques des Etats membres sont trop différentes (le sont-elles tant que ça ?), parce que l’Europe est trop compliquée (pas plus que les systèmes politiques nationaux), parce que l’Europe n’intéresse pas (prophétie auto-réalisatrice ?), etc, etc, etc… Malgré tout cela, j’y crois. Désarticuler ces préjugés en construisant des ponts entre les politiques nationales et la politique européenne est précisément l’objectif de ce blog. Car si impossible n’est pas français, impossible n’est pas non plus européen. Je sais que des expressions similaires existent en anglais -“There is no such word as “can’t”- et en néerlandais -“Onmogelijk bestaat niet”-, et chez vous, comment dit-on qu’impossible n’est pas européen?

Crédits photos : European Parliament on Flickr

Génération 2.0: plus qu’une révolution technologique, une révolution culturelle
1/07/2009

Ça y est, j’ai sauté le pas : il y a une semaine de cela, j’ai rejoint la communauté Twitter. Jusque-là j’avais été sceptique par rapport à l’intérêt de cet outil mais les articles écrits par Jon Worth et Julien Frisch sur l’usage de Twitter en politique m’ont ouvert les yeux et convaincue de rejoindre l’aventure Twitter. Quelques jours plus tard, l’article de Bente Kalsnes sur les « political geeks » me confortait dans l’idée que Twitter est un phénomène qui vaut la peine qu’on s’y intéresse. Maintenant, je suis accro. L’autre jour, je jonglais comme à mon habitude entre diverses fenêtres ouvertes sur Gmail, Facebook, Twitter et mon lecteur de flux RSS, entre autres, quand soudainement j’ai eu un flash-back : il y a dix ans, rien de tout ça ne faisait partie de ma vie, ni de celle de personne d’autre en l’occurrence.

Lorsque j’étais adolescente, dans les années 90, c’est-à-dire il y a juste un peu plus de dix ans, nous n’avions ni téléphones portables, ni ordinateurs. En France, on utilisait encore le Minitel, c’est tout dire. Les téléphones portables n’ont commencé à se répandre que lorsque je suis arrivée à l’université. Nous professeurs osaient encore à peine nous demander de « taper » nos devoirs au lieu de les écrire de manière manuscrite. Rares étaient ceux d’entre nous qui possédaient un ordinateur personnel. Dix ans plus tard, en masse, les jeunes gens de ma génération écrivent des « e-mails », « surfent » sur le « web », envoient des « SMS » depuis leur « GSM », compte des centaines « d’amis » sur « Facebook », « postent » leurs idées sur des « blogs » et participent à des débats enflammés sur « Twitter » avec des inconnus. Tout cela est arrivé en dix ans, et cela a profondément changé notre relation au monde, et en particulier à la sphère politique.

Nous sommes témoins du commencement d’une nouvelle ère. L’Histoire de l’espace public se rappellera probablement de la révolution digitale comme un évènement aussi important que l’invention de l’imprimerie par Gutenberg au XVème siècle. Tout le monde a accès à tout type d’information à travers une simple connexion Internet. L’information est devenue un bien commun. Ce n’est plus une source de pouvoir réservée à certains privilégiés. Ceci est en train de changer profondément l’équilibre politique. Qui que ce soit peut désormais influencer le débat public relativement facilement, pour peu qu’il ait de l’esprit, une bonne plume et qu’il comprenne comment utiliser de manière stratégique les outils Internet que sont les blogs, Facebook et Twitter.

L’information ne suit plus une pente horizontale, du journaliste au public. L’information provient désormais de toute part et elle est produite par tous. Par conséquent, la sphère publique devient de plus en plus horizontale. Ce rééquilibrage est en train d’avoir un impact énorme sur nos démocraties. Pendant des dizaines d’années –siècles ?- les débats politiques ont été menés par les journalistes, les intellectuels et les partis politiques. A présent, n’importe qui peut exprimer son opinion sur Internet et attirer beaucoup d’attention. L’information n’est plus un monopole. Nous sommes juste au début d’une nouvelle ère. Les informaticiens l’appellent la société digitale. La Commission européenne l’appelle la société de l’information. Je l’appellerais plutôt la société ouverte.

Cette évolution de la société représente un grand défi pour les partis politiques traditionnels. Ces organisations ont des structures lourdes. A mesure qu’elles ont grandi, les décisions internes se sont prises de plus en plus du haut vers le bas. Ceci ne fonctionne guère plus car grâce à la révolution digitale, l’information n’est plus le monopole de quelques uns. Cependant, les partis politiques traditionnels sont si figés dans le temps en ce qui concerne leur manière d’opérer, qu’ils ont des difficultés à intégrer la révolution Internet. Bien sûr, ils essaient de se mettre aux dernières technologies, ils se font concevoir des sites web « tendance » avec toutes les applications sympa qui vont avec. Mais ils n’ont pas réussi à comprendre le réel intérêt de ces nouvelles fonctionnalités, et les enjeux qu’elles soulèvent. Ils n’ont pas compris. Ils n’ont pas compris que ce qui est le plus important, ce n’est pas d’intégrer ces nouvelles technologies, mais de comprendre combien ces technologies ont façonné une nouvelle culture, une culture ouverte, basée sur la libre disposition de l’information et sur la possibilité de participer à sa production.

Cet article n’est que le début d’une série. Il me semble que le thème de la société ouverte est essentiel pour comprendre les transformations en cours du paysage politique tel que nous l’avons connu jusque-là. Le succès des Verts en France et du Parti des pirates en Suède, ainsi que les débats autour du libre partage des données numériques, sont autant d’indicateurs de cette évolution vers un nouveau type de société qui entraîne la nécessité d’inventer une nouvelle manière de faire de la politique.

Photo 1: le Minitel, technologie française de pointe. Crédits: Wikipedia Common

Photo 2: join the social media wagon. Crédits: Matt Hamm sur Flickr

Le PPE fait du chantage au PSE mais apparemment ça n’intéresse pas les journalistes
26/06/2009

A une conférence de presse mercredi, le leader du groupe PPE au Parlement européen, Joseph Daul, a dit que son groupe était ouvert à tout type d’alliance en ce qui concerne la présidence partagée du Parlement européen. Daul a ajouté que –bien sûr- cet accord ne se ferait qu’avec les personnes qui soutiendront la réélection de Barroso à la tête de la Commission lors de la première session plénière du Parlement le 15 juillet. Mais quel est le rapport exactement? A la différence de Daul, à moi ça ne me semble pas du tout évident. Pourtant, les journalistes dans la salle n’ont pas posé cette question. C’est une habile manoeuvre tactique de la part du PPE. Soit les Socialistes acceptent les termes de l’accord au risque de perdre en clarté politique et de fomenter des divisions au sein de leur groupe, soit ils refusent et se retrouvent donc à l’écart de l’influence que donne la présidence du Parlement. Très habile. Bien que cette déclaration soit une véritable bombe politique, les principaux medias européens ne l’ont pas rapportée. Seul Europolitique a écrit un article dessus, et encore, il est payant. Je n’ai rien vu à ce sujet sur Twitter non plus. Vraiment bizarre. Daul a ajouté que les négociations entre les groupes politiques sur l’accord technique auraient lieu à partir de la semaine prochaine. Voyons voir ce qu’il se passera donc.

Mise à jour le 27 juin:

Eurojunkie m’informe qu’il y a trouvé deux articles qui relatent vaguement les déclarations de Joseph Daul : un sur France2.fr, l’autre sur 7sur7.be.

Puis sur Twitter, le journaliste LB2S nous demande de ne pas mettre tous les journalistes dans le même paquet car tous ne se désintéressent pas du sujet. Soit. Eurojunkie et moi lui lançons alors un challenge : “Chiche que tu trouves des articles sur Daul dans la presse française ?”

Résultat : un article sur le site de France 2 plus deux autres dans la presse quotidienne régionale (site de France 3 plus Dernières nouvelles d’Alsace, Daul étant alsacien ça se comprend). Franchement léger sachant que l’homme est président du groupe PPE au parlement européen depuis deux ans et demi et qu’il vient de se faire réélire.

Par contre, j’ai été contente de voir que l’euroblogosphère s’est emparée du sujet. Comme quoi, il y avait bien un public pour cette information ! Voir les articles (en anglais, désolée) de Jon Worth : Schizophrenic socialists and poker playing conservatives” et de The European Citizen “PASD Strategy: Opposition or Office?” Les deux blogueurs vont dans le même sens. Mieux vaut que le groupe APSD refuse les termes du PPE, quitte à se positionner clairement comme le groupe de l’opposition.

Mise à jour le 28 juin:

Quatremer vient d’écrire un article à ce sujet: Barroso II : le double jeu socialiste. Apparemment Martin Schulz, le leader des socialistes au Parlement européen, serait prêt à accepter le deal proposé par le PPE. C’est bien regrettable.

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