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Adieu 2009 ! Bonjour 2010 !
10/01/2010

Il y a deux jours j’ai pris part à l’enregistrement du podcast Chasing Brussels. On nous a demandé quels étaient selon nous les moments-clefs de 2009 et quels pourraient être ceux de 2010.

2009 a été pour moi l’année du renouveau. Pour la première fois, j’ai été très active dans la campagne des élections européennes et ça a été une expérience passionnante. Nous avons vécu les prémisses d’une campagne politique pan-européenne au Parti socialiste européen. Malgré nos efforts, la campagne est restée principalement centrée sur des enjeux nationaux ce qui a été très frustrant pour les militants européens. Au final, le Parlement européen est encore plus à droite qu’avant et on aura droit à Barroso 5 ans de plus. Ce statu quo a quelque chose de très décourageant. Sur une note plus positive, 2009 c’est aussi l’année où j’ai commencé à bloguer, à tweeter et à utiliser toutes sortes d’outils web 2.0. J’ai été impliqué dans des projets passionnants tels que bloggingportal.eu –l’aggrégateur de blogs qui parlent d’Europe- et la campagne pour une commission européenne paritaire. J’ai eu le plaisir de rencontré de nombreux Euroblogueurs en personne et virtuellement grâce à Skype, les chats et Google Wave.

Je ne sais pas si 2010 sera intéressante du point de vue de la politique européenne. Il n’y a pas de moment plus mobilisateur dans la vie politique que les élections. Après ça, on revient à la normal. Bien sûr, il se passera plein de choses intéressantes chez les législateurs européens mais j’ai bien peur que la plupart du temps elles restent ignorées par les médias traditionnels. Voyons voir si pendant les 4 prochaines années notre communauté grandissante d’Euroblogueurs arrive à changer cette dynamique.

Pour le moment, si vous avez un peu de temps (étudiants, chômeurs, retraités) je vous invite à suivre les auditions par les eurodéputés des Commissaires européens désignés. Elles auront lieu du 11 au 19 janvier. Envie de poser vos propres questions aux commissaires désignés ? C’est possible grâce aux socialistes européens. Pour plus d’info, cliquez ici. Vous trouverez l’agenda des auditions ici et vous pourrez suivre les auditions là. Je twitterai en direct ici.

Le meilleur du web : les conservateurs victimes de cybersquattage
5/10/2009

Si vous regardez la page web du Parlement européen sur les groupes politiques, il semble que, quatre mois après les élections européennes, le groupe des “Conservateurs et Réformistes européens”, mené par les conservateurs britanniques, n’a toujours pas de site web, pas plus que l’encore plus eurosceptique “Groupe Europe de la liberté et de la démocratie”.

Pourtant, si vous faites une recherche Google pour “European Conservatives and Reformists Group”, appellation anglaise du groupe, il semble qu’il existe bel et bien un site, temporaire toutefois, appelé ecrg.info. La page donne même un email de contact. Dans un article récent, le blogeur social-démocrate Jon Worth, révèle qu’il est le propriétaire du nom de domaine ecrg.info. A travers l’email de contact, il a déjà reçu toutes sortes de requêtes sur le groupe des conservateurs, auxquelles il a répondu en informant ses correspondants qu’ils étaient victimes de cybersquattage et en leur posant la question suivante : “comment une organisation politique qui reste trois mois sans présence web peut-elle être prise au sérieux?” Très bonne question, effectivement.

Cliquez ici pour lire l’article sur le site de Jon Worth.

Et le gagnant est… l’abstention !
28/09/2009

Les chétiens-démocrates allemands et les socialistes portugais sont contents. Ils ont gagné les élections. En effet, en terme de pourcentage de voix, ils se placent largement devant leurs concurrents. Mais je ne peux m’empêcher de penser que le véritable gagnant de ces élections, c’est l’abstention. Et si l’abstention est la grande gagnante, la grande perdante, à l’évidence, c’est la démocratie.

Taux de participation aux élections allemandes de dimanche: 70,8% (source Euronews) soit le plus bas depuis 1949, confirmant une tendance nette au déclin de la participation depuis les années 1970 où celle-ci culiminait à 90%.

Evolution du taux de participation aux élections générales en Allemagne (source: International IDEA)
Evolution du taux de participation aux élections générales en Allemagne (source: International IDEA)

Taux d’abstention aux élections portugaises de dimanche: 40% (source Euronews), “un record absolu pour des élections législatives depuis l’avènement de la démocratie au Portugal en 1974″ rappelle touteleurope.fr.

Evolution de la participation aux élections générales au Portugal (source International IDEA)
Evolution du taux de participation aux élections générales au Portugal (source International IDEA)

Et le drame, c’est ce qu’il ne s’agit pas d’un phénomène propre à l’Allemagne ou au Portugal mais d’une tendance générale en Europe, comme en témoigne le déclin du taux de participation aux élections européennes depuis les années 1970.

Evolution du taux de participation aux élections européennes (source Parlement européen)
Evolution du taux de participation aux élections européennes (source Parlement européen)

La maison brûle. De moins en moins de citoyens utilisent leur droit de vote. La légitimité de nos démocraties est basée sur les élections. Nos démocraties seront-elles encore légitimes lorsque moins de 50% des citoyens voteront ? Attendrons-nous d’en arriver-là pour réagir ? A voir le sourire sur le visage des gagnants des élections de dimanche et des élections européennes de juin dernier, j’en ai bien peur.

Bon, il est réélu… on fait quoi maintenant ?
20/09/2009

Cette semaine, j’ai eu un fort sentiment de tout-ça-pour-ça.

Tout a commencé le 7 juin avec les résultats des élections européennes. Des mois de campagne, une fenêtre d’opportunité énorme pour la gauche dans un contexte de crise du modèle libéral, tout ça pour se retrouver avec une grande coalition conservatrice-eurosceptique-libérale au Parlement européen. On reprend les mêmes et on recommence. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

anyone but barroso

Anyone But Barroso campaign

Peu de temps après, les 27 chefs d’Etat de l’Union européenne ont proposé à l’unanimité de reconduire Barroso à la tête de la Commission européenne et ce malgré la très grande majorité des commentateurs -journalistes et blogueurs en choeur- s’accordant à dire que Barroso devait partir. Le contraste est saisissant.

Début septembre, Barroso a proposé au Parlement européen ses grandes orientations politiques pour les cinq ans à venir, un texte de près de 60 pages qui est à 95% un copier-coller de propositions ou de programmes qui existent déjà. En clair, si Barroso était un étudiant et qu’il avait rendu cette copie, ses professeurs l’aurait accusé de plagiat et il aurait été, au pire, exclu de son université ou au mieux, invité à réécrire sa copie. Mais non, là encore, malgré la critique des commentateurs, c’est passé.

Le 16 septembre, Barroso a été réélu par le Parlement européen à la majorité absolue de ses membres.  Rien à redire : unanimité du Conseil, majorité du Parlement, il a été réélu démocratiquement.

On en reprend pour cinq ans. Clairement, quelque chose ne tourne pas rond. C’est à vous dégoûter de militer.

Communiquer l’Europe : mission impossible ? Et si le problème était ailleurs…
8/07/2009

Lundi, l’association Forum 311 organisait à Bruxelles un débat sur le thème « Communiquer l’Europe : Mission impossible ? ». Je n’ai pas pu y assister. Heureusement, d’autres confrères bloggeurs s’y trouvaient et j’ai donc pu lire deux comptes-rendus du débat aussi différents dans leur style que dans leur contenu. Tandis que le blog du professionnel de la communication, Michael Malherbe, donne une présentation détaillée des thèmes qui ont été abordés, un Européen jamais content a choisi de rapporter l’ambiance des échanges. Je vous invite à lire les deux articles.

Bien que les institutions européennes aient fait des efforts remarquables cette année pour « communiquer l’Europe » en préparation des élections européennes, le taux de participation a été, comme toujours, plus bas qu’aux élections précédentes. Voilà qui fait sans doute désespérer les communicants de l’Europe, d’où le titre du débat. Ils ont tant essayé pourtant. Ils se disent, à nouveau, qu’il faut se rendre à l’évidence : communiquer l’Europe est décidément mission impossible. Willy Helin, Chef de la Représentation de la Commission européenne en Belgique, parle même de « mission suicide ». Et si le problème se trouvait dans l’expression même qui est utilisée pour tenter de le résoudre ? « Communiquer l’Europe »… et pourquoi pas « communiquer avec les Européens » ou même « communiquer entre Européens » ?

Lors des débats autour du « non » français, du « nee » néerlandais et du « no » irlandais au feu traité constitutionnel puis au traité de Lisbonne, j’avais été frappée par la réaction des eurospécialistes de tous bords. Le diagnostic était unanime. Si les Européens avaient été mieux informés, ils auraient voté « oui », « ja » et « yes » en chœur. Peut-être. Sans doute même. Mais à l’instar de ce débat, le problème n’est pas là.

La nécessité n’est pas de « communiquer l’Europe », comprenez porter la bonne parole des élites éclairées vers le peuple aveuglé, mais de communiquer en Europe, entre Européens sur l’Europe. La première conception du problème « communiquer l’Europe » est didactique. Les institutions fournissent des informations sur ce qu’elles font, de manière unidirectionnelle. Elles émettent de l’information en direction de destinataires –les citoyens européens- qui n’ont rien demandé d’ailleurs. La deuxième conception est interactive. Il s’agit de faire débattre de l’Europe. À mon sens, le problème majeur de la « communication européenne » est qu’elle est institutionnelle, c’est-à-dire consensuelle, dépolitisée et, par conséquent, non polémique. Du coup, c’est ennuyeux. C’est là où le bât blesse.

Bien que j’aie regretté le résultat du référendum sur le traité constitutionnel européen en France, il s’est quand même passé quelque chose d’extrêmement positif pendant cette campagne. Pour une fois, on a parlé d’Europe ! Cette campagne a passionné les Français. Tout le monde en parlait. Pourquoi ? Parce qu’il y avait des camps opposés qui s’affrontaient sur des choix politiques compréhensibles, parce qu’il y a eu des débats enflammés justement, parce que pour la première fois, on avait politisé l’Europe. Je suis persuadée que la solution au problème de la distance entre les institutions européennes et les Européens se trouve dans la politisation de l’Europe. C’est le sens de mon engagement.

Alors oui, je sais bien, on me répondra : mission impossible justement ! Parce que les partis nationaux (certains) s’y refusent, parce que les cultures politiques des Etats membres sont trop différentes (le sont-elles tant que ça ?), parce que l’Europe est trop compliquée (pas plus que les systèmes politiques nationaux), parce que l’Europe n’intéresse pas (prophétie auto-réalisatrice ?), etc, etc, etc… Malgré tout cela, j’y crois. Désarticuler ces préjugés en construisant des ponts entre les politiques nationales et la politique européenne est précisément l’objectif de ce blog. Car si impossible n’est pas français, impossible n’est pas non plus européen. Je sais que des expressions similaires existent en anglais -“There is no such word as “can’t”- et en néerlandais -“Onmogelijk bestaat niet”-, et chez vous, comment dit-on qu’impossible n’est pas européen?

Crédits photos : European Parliament on Flickr

Elections européennes : 5 réflexions pour susciter le débat
7/07/2009

Le think-tank francophone Notre Europe a publié cinq réflexions pour susciter le débat qui valent le détour. Le texte affiche un scepticisme rafraîchissant par rapport aux analyses clef en main des élections européennes qu’on a entendues à travers divers canaux jusque-là. 5 thèmes donc :

  • Se résigner à l’abstention ?
  • Victoire de la droite ou statu quo ?
  • Environnement ou écologie ?
  • Euroscepticisme ou extrême droite ?
  • Exigence et réticence : radicalisation d’un clivage ?

À lire par tous ceux qui s’interrogent sur le sens à donner à ces élections !

Une analyse pertinente, exhaustive et synthétique des élections européennes
27/06/2009


J’ai découvert sur le site du think-tank FEPS une analyse des élections européennes qui me semble fort pertinente et relativement exhaustive, tout en étant assez synthétique ce qui est toujours appréciable. Pour ceux qui peuvent lire l’anglais, vous trouverez l’analyse de la FEPS en cliquant ici.

Le PPE fait du chantage au PSE mais apparemment ça n’intéresse pas les journalistes
26/06/2009

A une conférence de presse mercredi, le leader du groupe PPE au Parlement européen, Joseph Daul, a dit que son groupe était ouvert à tout type d’alliance en ce qui concerne la présidence partagée du Parlement européen. Daul a ajouté que –bien sûr- cet accord ne se ferait qu’avec les personnes qui soutiendront la réélection de Barroso à la tête de la Commission lors de la première session plénière du Parlement le 15 juillet. Mais quel est le rapport exactement? A la différence de Daul, à moi ça ne me semble pas du tout évident. Pourtant, les journalistes dans la salle n’ont pas posé cette question. C’est une habile manoeuvre tactique de la part du PPE. Soit les Socialistes acceptent les termes de l’accord au risque de perdre en clarté politique et de fomenter des divisions au sein de leur groupe, soit ils refusent et se retrouvent donc à l’écart de l’influence que donne la présidence du Parlement. Très habile. Bien que cette déclaration soit une véritable bombe politique, les principaux medias européens ne l’ont pas rapportée. Seul Europolitique a écrit un article dessus, et encore, il est payant. Je n’ai rien vu à ce sujet sur Twitter non plus. Vraiment bizarre. Daul a ajouté que les négociations entre les groupes politiques sur l’accord technique auraient lieu à partir de la semaine prochaine. Voyons voir ce qu’il se passera donc.

Mise à jour le 27 juin:

Eurojunkie m’informe qu’il y a trouvé deux articles qui relatent vaguement les déclarations de Joseph Daul : un sur France2.fr, l’autre sur 7sur7.be.

Puis sur Twitter, le journaliste LB2S nous demande de ne pas mettre tous les journalistes dans le même paquet car tous ne se désintéressent pas du sujet. Soit. Eurojunkie et moi lui lançons alors un challenge : “Chiche que tu trouves des articles sur Daul dans la presse française ?”

Résultat : un article sur le site de France 2 plus deux autres dans la presse quotidienne régionale (site de France 3 plus Dernières nouvelles d’Alsace, Daul étant alsacien ça se comprend). Franchement léger sachant que l’homme est président du groupe PPE au parlement européen depuis deux ans et demi et qu’il vient de se faire réélire.

Par contre, j’ai été contente de voir que l’euroblogosphère s’est emparée du sujet. Comme quoi, il y avait bien un public pour cette information ! Voir les articles (en anglais, désolée) de Jon Worth : Schizophrenic socialists and poker playing conservatives” et de The European Citizen “PASD Strategy: Opposition or Office?” Les deux blogueurs vont dans le même sens. Mieux vaut que le groupe APSD refuse les termes du PPE, quitte à se positionner clairement comme le groupe de l’opposition.

Mise à jour le 28 juin:

Quatremer vient d’écrire un article à ce sujet: Barroso II : le double jeu socialiste. Apparemment Martin Schulz, le leader des socialistes au Parlement européen, serait prêt à accepter le deal proposé par le PPE. C’est bien regrettable.

Comme un air de déjà-vu : du coup de tonnerre de 2002 à la claque de 2009
15/06/2009

Ces élections m’ont laissé un arrière-goût de déjà-vu. Tandis que les commentateurs rivalisent de superlatifs pour qualifier le score décevant des socialistes européens: défaite, débâcle, déroute, claque, coup de massue… une expression me vient en tête, une expression qui m’avait tant marquée il y a maintenant 7 ans : « comme un coup de tonnerre ». C’est le titre d’un documentaire sur la campagne de Lionel Jospin à l’élection présidentielle de 2002. Une équipe de journalistes l’avait suivi les six derniers mois de sa campagne, jusqu’au coup de tonnerre final: Chirac en premier, Le Pen en deuxième avec près de 20% des voix, Jospin en troisième à 17,4%, éliminé. Plus qu’un coup de tonnerre, cet évènement a été un véritable électrochoc pour moi, comme pour toute une génération de jeunes Français. J’habitais à Grenoble où j’étudiais les sciences politiques. Comme beaucoup, je n’avais pas voté. J’étais loin de mon bureau de vote à Paris. Mes parents étaient en vacances. Eux non plus n’avaient pas voté. Mon frère non plus. En fait, pour la première fois, personne dans ma famille – pourtant si civique d’habitude – n’avait voté. Oui voilà, c’était les vacances. Les parisiens étaient partis. Ils s’étaient dit qu’ils reviendraient voter pour le deuxième tour puisque le deuxième tour voyait toujours s’opposer le candidat du RPR/UDF et celui du PS. Seulement voilà, nous étions tellement nombreux à nous être dit cela que l’inimaginable est arrivé. Le PS éliminé. Pire, le PS dépassé par l’extrême droite. Comme des millions de sympathisants de gauche, j’ai été terrifiée. C’est à ce moment là que j’ai décidé de m’engager en politique.

Alors oui, les élections européennes de 2009 me rappellent étrangement le goût amer de l’élection présidentielle française de 2002 :

  1. Une tendance pourtant favorable à la gauche. Jospin avait fait du bon boulot. Premier ministre depuis 5 ans – un record en France – il avait fait passé des lois importantes comme les 35h et la couverture maladie universelle. Il était assez populaire. Le PS était fort, avait un bon bilan et avait donc une avenue devant lui, tout comme les partis du PSE cette année. En ce contexte de crise économique, où la majorité des gouvernements européens sont à droite, en ces temps où les plus libéraux en viennent à adopter des méthodes traditionnellement socialistes, les partis de centre-gauche partaient favoris. Newsweek titrait « We Are All Socialists Now ». Pourtant, les partis membres du PSE ont subi de lourdes défaites dans la plupart des pays européens.
  2. Une abstention forte qui pénalise la gauche. C’était les vacances en 2002. En 2009, les élections européennes sont tombées pendant le long week-end de la pentecôte. Il faisait beau. Résultat, une abstention record dans les deux cas. Dans les deux cas aussi, le sentiment que les enjeux n’étaient pas importants, peu lisibles en tout cas. En 2002, on se demandait pourquoi aller voter au premier tour de l’élection présidentielle quand il ne faisait aucun doute que le deuxième tour présenterait un choix entre les candidats du RPR/UDF et du PS. Parce que ça avait TOUJOURS été comme ça. En ce qui concerne les élections européennes, c’est bien connu, les enjeux ne sont pas clairs, on ne comprend pas bien à quoi ça sert. De plus, un taux fort d’abstention dessert plus la gauche qu’il ne dessert la droite. Les électeurs de droite sont plus disciplinés et loyaux. Les personnes âgées votent le plus souvent à droite et vont toujours voter, elles. Les jeunes, qui votent plus majoritairement à gauche, sont aussi ceux qui vont le moins voter.
  3. Une gauche divisée qui se tape dessus. En 2002 comme en 2009, de nombreux électeurs de gauche avaient voté pour les Verts. Traditionnellement, au premier tour de l’élection présidentielle, les électeurs de gauche papillonnent. Ils votent pour les Verts, le PC ou plus à gauche encore, parfois parce que le discours de ces partis les attire plus, parfois pour donner un avertissement au PS. Au premier tour, on se lâche. Au second tour, on vote utile. Les élections européennes sont comme un premier tour d’élection présidentielle : le vote de gauche y est éclaté. En 2002 comme en 2009 aussi, les différents partis de gauche se sont fait la guerre entre eux plutôt que contre la droite.

Enjeux peu lisibles, abstention record, division de la gauche : même recette, même résultat, une défaite des partis socialistes au profit des plus petites formations de gauche. Il s’agit d’une grille d’analyse parmi d’autres. Elle n’a pas prétention à être exhaustive. J’en utiliserai d’autres. Il y a tellement à dire sur ces élections.

Gueule de bois
9/06/2009

Oui, gueule de bois. Pas d’autre mot pour qualifier ce que je ressens depuis ce terrible dimanche soir. Il y aurait tant à dire. Comme d’habitude, chacun y va déjà de sa critique, ajoute son grain de sel à l’analyse de la situation. Chacun est convaincu d’avoir raison, de la justesse de son explication. La vérité, c’est qu’il n’y a pas de raison simple, ni de coupable unique identifiable. J’ai bien sûr mes idées sur les raisons de cette déroute. Trop d’idées, justement. Je vais prendre du recul, récupérer de cette grosse gueule de bois, faire le tri. Puis, analyser ces raisons une à une, celles qu’instinctivement je pense être justes, et celles que d’autres analystes avancent. Il y a du boulot. Beaucoup de boulot. Mais ma motivation reste intacte.

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