Faisons un rêve fou. Le rêve d’une Commission européenne composée entièrement de femmes. En réalité, c’est tout à fait faisable. Tellement faisable que quatre citoyens lambdas ont réussi à établir une liste d’au moins une femme par pays européen en seulement 36 heures. Puisque les gouvernements européens, dans leur très grande majorité, semblent ne pas prendre la peine de trouver des candidates, nous, la société civile, nous avons décidé de nous en charger.
Les États-membres de la l’Union européenne sont actuellement dans le processus de nomination de leur candidat pour la Commission européenne. Chaque État nomme une seule personne. Donc, évidemment, qu’est-ce qu’il se passe ? La plupart des candidats nommés jusqu’à présent sont des bonshommes. Ce qui est très inquiétant, c’est qu’il semble que l’équipe de la Commission européenne 2009-2014 comportera encore moins de femmes que l’équipe précédente, qui n’en comportait pourtant que 8 sur 27. C’est inacceptable.
Ces derniers mois, j’ai promu à travers mon blog, Facebook et Twitter, l’idée d’une nécessaire parité aux postes dirigeants de l’UE. Ce faisant, j’ai été régulièrement confrontée à la question de savoir s’il existe des femmes suffisamment compétentes pour assumer de telles responsabilités. Bien sûr, qu’elles existent. Elles sont mêmes nombreuses. Mais on n’en parle jamais. Étrangement, ce sont toujours des noms d’hommes qui sont discutés.
Maintenant, il n’y a plus d’excuse qui tienne. Nous avons trouvé 26 noms de femmes qui ont toutes les compétences nécessaires pour devenir commissaires européennes. Faisons de ce rêve une réalité. Cette fois-ci, nommons une Commission européenne réellement paritaire. Aimeriez-vous, vous aussi, que ce rêve devienne réalité ? Alors, suivez les étapes suivantes :
Le site Internet de la Fondation Robert Schuman vous permet de voter pour le président du Conseil européen. Ne râtez pas l’opportunité parce que ce sera la seule que vous aurez ! Cliquez ici pour accèder à la page du vote.
Quelque chose me dit que vous serez surpris par le résultat… mais chut, je n’en dis pas plus.
Depuis que j’ai publié l’article « L’un des trois leaders de l’UE doit être une femme » début octobre, j’ai eu le plaisir de constater que l’idée d’avoir une femme à l’un des postes dirigeants de l’UE a fait du chemin, dans les médias traditionnels comme dans les médias sociaux, tant parmi les femmes que les hommes.
Adoptez le Twibbon rose !
La semaine dernière, la twitteuse linotherhino lançait une campagne sur Twitter pour la nomination d’une femme à l’un des postes-clefs de l’UE. Le concept est simple et efficace : il suffit d’ajouter à votre photo de profil un bandeau rose contenant l’inscription « Woman @ EU top » (vous pouvez le faire ici). Ça s’appelle un Twibbon et ça fait fureur ! En l’espace d’une journée, ma page Twitter est devenue toute rose. J’ai été agréablement surprise de voir que de nombreux hommes n’ont pas hésité à adopter le Twibbon rose, tout comme certains députés européens. Alors rejoignez la campagne Woman @ EU top !
Il y a quelques mois, le Lobby européen des femmes a dit qu’il était difficilement acceptable au 21ème siècle de ne pas considérer le genre comme un des critères dans les nominations de haut niveau, alors que d ‘autres sont utilisés, comme la nationalité, l’affiliation politique ou même la taille du pays. C’est exactement ce qu’il se passe en ce moment dans le processus de sélection des postes dirigeants de l’UE. Margot Wallström, la vice-présidente de la Commission européenne, qui a été à l’avant-garde de la campagne pour la nomination d’une femme à l’un des postes dirigeants de l’UE, a dit récemment que le président du Conseil européen devrait être une femme. Commentant le fait que la plupart des noms mentionnés pour ce poste sont des noms d’hommes, elle a dit que « d’un point de vue démocratique, cela réduit les 52,9% de femmes à une minorité… et je ne pense pas que ce soit acceptable dans l’Union européenne de 2009 » C’est une bonne chose qu’une femme à un tel niveau de responsabilité réagisse à cette injustice. Cependant, comme Julien Frisch me l’a dit sur Twitter « Les femmes n’ont pas besoin de plus de femmes pour les soutenir. Elles ont besoin de plus d’hommes ». C’est pourquoi j’ai été touchée par les mots de Jerzy Buzek, le président du Parlement européen -détenteur du quatrième poste le plus important de l’UE- lorsqu’il a dit « Je préférerais que nous trouvions une femme présidente parce que nous avons besoin de parité ». Selon European Voice, le Polonais aurait dit qu’après avoir nommé une personne d’un pays d’Europe centrale et orientale à la tête d’une institution européenne, nous devrions aller plus loin en ayant une femme présidente du Conseil.
Où en sommes-nous par rapport à la liste de femmes potentiellement candidates que j’ai présentée dans mon dernier article à ce sujet? Angela Merkel a été réélue chancelière allemande donc son nom est écarté. Bien que le nom de Mary Robinson ait été porté par un incroyable soutien populaire des internautes, elle a dit qu’elle ne souhaitait pas occuper le poste de président du Conseil. Le nom de Tarja Halonen, présidente finlandaise sociale-démocrate, est de plus en plus mis en avant pour le poste de président du Conseil, ainsi que celui d’Ursula Plassnik, ancienne ministre autrichienne des affaires étrangères, chrétienne-démocrate, pour le poste de Haut représentant pour les affaires étrangères et la sécurité. Entre temps, de nouveaux noms de femmes ont émergé dans le débat public. Pour le poste de président du Conseil : Vaira Vike-Freiberga, ancienne présidente lettone, indépendante, pour qui un nouveau groupe Facebook vient d’être créé. Il est difficile de mettre d’autres noms de femmes en avant dans la mesure où ce poste est censé revenir à un ancien chef d’Etat ou de gouvernement et que très peu de femmes européennes ont accédé à ce niveau de responsabilité. Pour le poste de Haut représentant, plus de noms de femmes sont évoqués puisque l’expérience nécessaire est celle de ministre des affaires étrangères ou des affaires européennes, poste que plus de femmes ont occupé. Deux nouveaux noms de candidates sont entrés dans le débat : Elisabeth Guigou, ancienne ministre française des affaires européennes, centre-gauche, et Dora Bakoyannis, ancienne ministre grecque des affaires étrangères, centre-droit.
En tant que socialiste, mon premier instinct est évidemment de soutenir Tarja Halonen et Elisabeth Guigou. Mais les choses sont « un peu » plus compliquées que cela. Deux-tiers des chefs de gouvernement siégeant au Conseil européen sont de droite. Alors pourquoi donc les socialistes voudraient-ils l’un des leurs à la tête du Conseil européen ? À mon sens, ce serait un véritable suicide politique pour notre famille. C’est la raison pour laquelle les socialistes européens essayent d’obtenir le poste de Haut représentant. La socialiste française Elisabeth Guigou est une candidate exceptionnelle pour ce poste. Cependant, elle devrait être nommée par les Français. Dans la mesure où le gouvernement français est à droite, il y a très peu de chance qu’une socialiste soit nommée en tant que membre française de la Commission européenne.
En somme, au point où nous en sommes dans le processus de sélection, si une femme obtient l’un des deux postes dirigeants de l’UE qui restent à pourvoir, ce sera celui de président du Conseil, et ce sera Vaira Vike-Freiberga qui l’obtiendra. Les paris sont ouverts. N’hésitez-pas, comme d’habitude, à commenter et à suggérer d’autres noms de femmes pour ces postes !
Bien que le traité de Lisbonne ne soit pas encore tout à fait ratifié, les médias ont déjà beaucoup spéculé sur la personne qui pourrait occuper l’un des deux postes dirigeants de l’UE aux côtés de celui -déjà pris- de Président de la Commission européenne : le Président du Conseil européen et le Haut représentant pour les affaires étrangères et la sécurité.
Agacées par le fait que la plupart des noms qui sont actuellement discutés par les médias sont des noms d’hommes, certaines politiciennes et journalistes européennes ont commencé à réagir: lire ici, ici et là. Dans une interview donnée mardi à TheParliament.com, Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne s’indigne : “C’est une honte que jusqu’à maintenant aucune femme n’ait été mise en avant en tant que candidate possible. Tout ce dont on entend parler, ce sont des gens comme Tony Blair et d’autres hommes”. Je suis d’accord avec elle. Mais j’irais encore plus loin. C’est plus qu’une honte, c’est une insulte à toutes les femmes.
Alors pourquoi Margot Wallström et de nombreuses autres Européennes sont –elles si agacées par cette situation ? Jetez un coup d’œil à la plus récente photo de famille du Conseil européen que j’ai pu trouver (ci-dessous). Faisons un jeu : Cherchez l’erreur!
Conseil européen de juin - CC Le Conseil de l'Union européenne
Non, il ne s’agit pas du violet éclatant du tailleur d’Angela Merkel (deuxième rang, milieu)… Non, il ne s’agit pas du fait que Tarja Halonen, la présidente finlandaise ne porte pas de tailleur coloré, comme il semble être d’usage parmi les femmes dirigeantes européennes… Cherchez encore. L’erreur, c’est qu’à part Angela Merkel, Tarja Halonen et Mary McAleese (présidente irlandaise, absente sur la photo), il n’y avait aucune autre femme chef d’Etat (je ne compte pas les reines) ou de gouvernement dans les 27 Etats membres de l’Union européenne au moment où cette photo a été prise (depuis, Dalia Grybauskaité a été élue présidente de Lituanie). L’erreur sur cette photo, c’est qu’il y a environ 98% de costumes gris/noirs.
Voici une photo prise par un collègue blogueur qui résume plutôt bien la situation:
Parité - CC Fred
Il existe de nombreuses femmes talentueuses, charismatiques et compétentes qui pourraient occuper l’un des deux postes dirigeants de l’UE qui restent à attribuer. Voici une liste des noms féminins que “certains” journalistes ont mentionnés:
Ce ne sont que quelques noms. Je suis sûre qu’il y en a bien plus. Des idées ? N’hésitez pas à faire des propositions en commentant cet article !
Si vous regardez la page web du Parlement européen sur les groupes politiques, il semble que, quatre mois après les élections européennes, le groupe des “Conservateurs et Réformistes européens”, mené par les conservateurs britanniques, n’a toujours pas de site web, pas plus que l’encore plus eurosceptique “Groupe Europe de la liberté et de la démocratie”.
Pourtant, si vous faites une recherche Google pour “European Conservatives and Reformists Group”, appellation anglaise du groupe, il semble qu’il existe bel et bien un site, temporaire toutefois, appelé ecrg.info. La page donne même un email de contact. Dans un article récent, le blogeur social-démocrate Jon Worth, révèle qu’il est le propriétaire du nom de domaine ecrg.info. A travers l’email de contact, il a déjà reçu toutes sortes de requêtes sur le groupe des conservateurs, auxquelles il a répondu en informant ses correspondants qu’ils étaient victimes de cybersquattage et en leur posant la question suivante : “comment une organisation politique qui reste trois mois sans présence web peut-elle être prise au sérieux?” Très bonne question, effectivement.
Cliquez ici pour lire l’article sur le site de Jon Worth.
Les militants du PSE ont eu des débats passionants à leur Forum 2009 de Dublin. Desmond O’Toole, le coordinateur des militants du PSE à Dublin, a publié une synthèse de ces débats sur une page Wiki où les militants sont invités à contribuer afin que nous puissions faire des propositions au congrès de Prague en décembre.
Rejoignez le débat sur le futur de la gauche en Europe !
Les chétiens-démocrates allemands et les socialistes portugais sont contents. Ils ont gagné les élections. En effet, en terme de pourcentage de voix, ils se placent largement devant leurs concurrents. Mais je ne peux m’empêcher de penser que le véritable gagnant de ces élections, c’est l’abstention. Et si l’abstention est la grande gagnante, la grande perdante, à l’évidence, c’est la démocratie.
Taux de participation aux élections allemandes de dimanche: 70,8% (source Euronews) soit le plus bas depuis 1949, confirmant une tendance nette au déclin de la participation depuis les années 1970 où celle-ci culiminait à 90%.
Taux d’abstention aux élections portugaises de dimanche: 40% (source Euronews), “un record absolu pour des élections législatives depuis l’avènement de la démocratie au Portugal en 1974″ rappelle touteleurope.fr.
Et le drame, c’est ce qu’il ne s’agit pas d’un phénomène propre à l’Allemagne ou au Portugal mais d’une tendance générale en Europe, comme en témoigne le déclin du taux de participation aux élections européennes depuis les années 1970.
La maison brûle. De moins en moins de citoyens utilisent leur droit de vote. La légitimité de nos démocraties est basée sur les élections. Nos démocraties seront-elles encore légitimes lorsque moins de 50% des citoyens voteront ? Attendrons-nous d’en arriver-là pour réagir ? A voir le sourire sur le visage des gagnants des élections de dimanche et des élections européennes de juin dernier, j’en ai bien peur.
“Le Parlement européen est-il prêt à sortir de sa consensuelle-enfance pour faire sa nécessaire crise de transition-adolescence vers l’âge démocratique-adulte ?”
Samuel Faure, Lettre ouverte aux eurodéputé(e)s sociaux-démocrates : Êtes-vous prêt(e)s à « foutre le bordel » ?
“L’Europe arrive devant une période de révolution nécessaire.”
Christophe Barbier, L’édito vidéo de l’Express
Trouvé sur Twitter grâce à @EurActivFR
Cette semaine, j’ai eu un fort sentiment de tout-ça-pour-ça.
Tout a commencé le 7 juin avec les résultats des élections européennes. Des mois de campagne, une fenêtre d’opportunité énorme pour la gauche dans un contexte de crise du modèle libéral, tout ça pour se retrouver avec une grande coalition conservatrice-eurosceptique-libérale au Parlement européen. On reprend les mêmes et on recommence. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Anyone But Barroso campaign
Peu de temps après, les 27 chefs d’Etat de l’Union européenne ont proposé à l’unanimité de reconduire Barroso à la tête de la Commission européenne et ce malgré la très grande majorité des commentateurs -journalistes et blogueurs en choeur- s’accordant à dire que Barroso devait partir. Le contraste est saisissant.
Début septembre, Barroso a proposé au Parlement européen ses grandes orientations politiques pour les cinq ans à venir, un texte de près de 60 pages qui est à 95% un copier-coller de propositions ou de programmes qui existent déjà. En clair, si Barroso était un étudiant et qu’il avait rendu cette copie, ses professeurs l’aurait accusé de plagiat et il aurait été, au pire, exclu de son université ou au mieux, invité à réécrire sa copie. Mais non, là encore, malgré la critique des commentateurs, c’est passé.
Le 16 septembre, Barroso a été réélu par le Parlement européen à la majorité absolue de ses membres. Rien à redire : unanimité du Conseil, majorité du Parlement, il a été réélu démocratiquement.
On en reprend pour cinq ans. Clairement, quelque chose ne tourne pas rond. C’est à vous dégoûter de militer.