Cette semaine, j’ai eu un fort sentiment de tout-ça-pour-ça.
Tout a commencé le 7 juin avec les résultats des élections européennes. Des mois de campagne, une fenêtre d’opportunité énorme pour la gauche dans un contexte de crise du modèle libéral, tout ça pour se retrouver avec une grande coalition conservatrice-eurosceptique-libérale au Parlement européen. On reprend les mêmes et on recommence. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Anyone But Barroso campaign
Peu de temps après, les 27 chefs d’Etat de l’Union européenne ont proposé à l’unanimité de reconduire Barroso à la tête de la Commission européenne et ce malgré la très grande majorité des commentateurs -journalistes et blogueurs en choeur- s’accordant à dire que Barroso devait partir. Le contraste est saisissant.
Début septembre, Barroso a proposé au Parlement européen ses grandes orientations politiques pour les cinq ans à venir, un texte de près de 60 pages qui est à 95% un copier-coller de propositions ou de programmes qui existent déjà. En clair, si Barroso était un étudiant et qu’il avait rendu cette copie, ses professeurs l’aurait accusé de plagiat et il aurait été, au pire, exclu de son université ou au mieux, invité à réécrire sa copie. Mais non, là encore, malgré la critique des commentateurs, c’est passé.
Le 16 septembre, Barroso a été réélu par le Parlement européen à la majorité absolue de ses membres. Rien à redire : unanimité du Conseil, majorité du Parlement, il a été réélu démocratiquement.
On en reprend pour cinq ans. Clairement, quelque chose ne tourne pas rond. C’est à vous dégoûter de militer.